Ma défunte sœur

1319 Words
La route allait être longue et elle fut longue. Après le premier trajet en bus, j'entame le second à 7h du matin, plus que 2 heures avant d'être chez mes parents. Je finis par arriver, et tant de choses avait changé. Déjà la route qui était très mal entretenue et poussiéreuse est déjà goudronnée. C'est à peine si on me reconnaissait dans mon quartier. Je finis par arriver chez nous. La modeste maison de mes souvenirs avait à peine changer, elle avait juste pris beaucoup de vieux. À quelques mètres de la maison, j'aperçus déjà ma mère, comme à ses habitudes, elle était dehors en train de s'occuper de tout... J'arrive tout près et je l'interpelle enfin. - WILLIAM : Mama ? - MAMA : Hein ?! Bonjour mon fils, - WILLIAM : Bonjour ma'a. Comment tu... - MAMA : vous cherchez quelqu'un ? Pardon, je suis occupée même. Au premier regard de ma mère, aveuglé par le soleil, je compris qu'elle ne m'avait pas reconnue. - WILLIAM : Euh... Non... Mama c'est moi, EFFA. Son visage à ce moment où je lui avais dit que c'était moi, c'était illuminé. Et dans sa joie, elle me dit. - MAMA : Eeeeeeh ! Mon fils... C'est toi comme ça ? Oorrrrh mon enfant, regarde comment tu es devenu un bel homme... Oouukou ! Me dit-elle en me regardant de haut en bas en mettant ses mains sur ses hanches s'étant déjà levé. Elle me prit dans ses bras plusieurs fois et me serra très fort contre elle. Puis, elle alla me chercher un banc qu'elle essuyait avec le foulard qui accompagnait son kaba. Elle s'était donc empressée de l'enlever afin de nettoyer le banc qu'elle était rapidement aller chercher pour que je puisse m’assoir. - MAMA : Alors mon fils, dis-moi. Tu as bien voyagé ? - WILLIAM : Oui mama. - MAMA : Et l'école que tu es parti faire là ? Ça s'est passé comment ? Me demande-t-elle avec un grand sourire, en attente d'une bonne nouvelle. Mais j'allais la décevoir - WILLIAM : Mama... Je... Je... Ces quelques secondes que j'avais perdues pour lui donner ma réponse, avait suffi à mère pour qu'elle comprenne que j'avais échoué. - MAMA : Weeeerr mon fils ! Dont toutes ces années, et tu reviens comme tu es parti ? Toi qui es pourtant si brave à l'école. Qu'est-ce qui s'est passé ? - WILLIAM : Je ne sais pas quoi te dire mama... J'ai fourni tellement d'effort. - MAMA : En tout cas, toute chose ici-bas à une signification... Tu n'es pas quelqu'un de bête. Je suis convaincue que la vie te réserve autre chose. Les mots de ma mère ce jour, était philosophique pour moi, je n'avais absolument rien compris. Mais elle allait bientôt avoir un sens pour moi... Ce que vous ignorez peut-être est que même dans les moments les plus difficiles de la vie, celle-ci nous offre quand même une autre solution, une autre possibilité. Sauf qu'elle ne correspond pas toujours à ce que l'on attend et à ce moment, nous avons le choix entre rester et avancer. Vous comprendrez bientôt. - MAMA : Sinon tu n'as pas oublié de rapporter quelques trucs à tes petits ici non... - WILLIAM : Oui mama, c'est dans ce sac. D'ailleurs où sont-ils ? N'est-ce pas, c'est le week-end aujourd'hui ? Ils ne devraient pas être tous à la maison ? - MAMA : Hum à la maison !? Chacun est dans ses ballades Will... Tu vas seulement les voir rentrer ici vers 17h 18h. Ça, c'est en ce qui concerne les plus petits. Ceci m'avait surpris, car de mon temps, c'étaient les coups de bâtons que ma mère nous infligeait souvent à ma sœur et moi pour être sorti et avoir mis du temps dehors - WILLIAM : Moi, je me rappelle que tu nous fouettais hein mama - MAMA : C'était avant. Je n'ai plus la force. Les enfants là peuvent me faire courir dans tout le quartier ci. - WILLIAM : Ahahaha! Okay mama. Et papa ? - MAMA : Il est dans son garage. - WILLIAM : Son garage ? - MAMA : Oui oui... Ça fait 4 ans qu'il a ouvert son garage là au carrefour. Si tu as prêté attention en venant tu as même peut être vu ça. J'avais finalement compris pourquoi mon père avait tant insisté pour que j'apprenne la mécanique, c'était donc là son ambition. Pas besoin de vous signifier qu'à ce moment-là, je n'avais qu'une envie remonter le temps et accepter de la proposition de mon père. Mon cœur se noyait dans le regret. - WILLIAM : J'ai quand même peur de sa réaction hein mama. Surtout maintenant après ce que tu viens de me dire là. - MAMA : C'est toujours ton père Effa. - WILLIAM : Il voulait donc ouvrir un garage... Ça aurait dû être moi aujourd'hui là-bas. Pas lui. - MAMA : Le problème avec ton père, c'est qu'il ne parle jamais de ses projets. - WILLIAM : C'est vrai... Mais ma chère mère, tel que j'étais là, même s'il m'avait fait part de son projet, j'ai bien peur que je serai tout de même parti. À dire vrai, il n'y aurait même rien eut qui aurait pu faire en sorte que je ne poursuive pas mon ambition. Cette ambition de devenir médecin, était devenue obsessionnelle. Et voilà où tout cela m'avait conduit. Après avoir déployé tant d'efforts. J'arrivais encore à garder la tête haute évitée la honte en me disant que j'ai au moins essayé. Mais après ce que ma mère m'avait dit sur le garage de mon père, ce n'était plus possible. Imaginez. Partir de la maison et refuser une idée ambitieuse de votre père, à la poursuite de ce que j'appellerai maintenant une fable. Essuyer un échec cuisant puis rentrer à la maison. Revenir tel qu'on est parti, à la seule différence que vous êtes un peu plus vieux et surtout que le temps a passé. - MAMA : Tu vas donc alors partir déposer tes bagages ci dans ta chambre. Je vais comme ça partir aussi pour te mettre l'eau. Comme ça tu vas te laver après ça tu vas manger. Puisqu'avec ma mère, on ne discutait pas. Je me lève sur le moment et je vais dans cette chambre qui fut autrefois la mienne. Je finis de ranger mes effets quand je remarque comme un papier tout au fond du vieux placard de la chambre. Je tendis le bras afin le saisir, et quand ce fut le cas, je constatais qu'il s'agissait là d'une photo de ma défunte sœur et moi. Cela avait été une photo surprise, prise par mon père. Le visage de ma sœur rayonnait d'un très grand sourire. Cela faisait longtemps que je n'avais plus vu son sourire. Et c'était moins d'un an après cette photo, qu'elle rendit l'âme. Comme quoi, si on savait ce que demain nous réservait, on vivrait et profiterait des joies et saveurs de la vie bien plus qu'hier, mais surtout bien moins que demain puisqu'à chaque jour suffit sa peine. Après donc ce coup de chaleur à la fois joyeux et triste grâce à cette image de ma sœur, je m'assieds un peu sur le lit et la fatigue du voyage m'envoie dans un léger sommeil. - Will... Will, c'est comment ? Tu m'as manqué mon grand frère chéri. J'entends cette petite voix féminine pendant que je suis allongé sur le lit, les pieds au sol. D'un coup, je sursaute en me levant, car je reconnais cette voix. Je l'aurais reconnu entre 1000 et plus même. Je suis debout et respire comme un Kenya qui vient de terminer 10 000 mètres quand j'entends encore tout près de moi. - Will oo ! Je regarde sur ma droite et qui vois-je assise sur le lit en train de me sourire. Ma défunte petite sœur.
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