Mon père

1316 Words
Il était tenu devant la porte, il me regardait et il gardait très bien son air surpris de me voir ou bien sa colère. Ce qui me rendait encore plus nerveux. Je m'étais quand même empressé de me lever. Dans ma tête, j'avais imaginé tout type de scénarios. Je m'attendais au moins à ce qu'il me réclame son argent que j'avais volé avant de me jeter dehors comme le moins que rien que j'étais sûrement à ses yeux. - ANETTE : J'ai trouvé le sac ! C'était Anette qui avait brisé ce silence en sortant de la chambre. Puis mon père s'était rapproché de moi et m'avait dit : - PAPA : Bonsoir ! - WILLIAM : Bonsoir papa. Et il m'avait traversé pour se rendre dans la chambre où il avait tout de suite appelé ma mère. Personne n'avait rien entendu de leur conversation, mais quelques minutes plus tard quand ma mère sortie de la chambre, elle secoua la tête. Puis, elle se rapproche de moi et me dit : - MAMA : C'est seulement comme si ton père t'avait déjà enterré hein. À cela, je n'avais rien pu dire. Je ne pouvais pas lui en vouloir puisque c'est moi-même qui avait provoqué ça. Mais elle poursuivit en me disant : - MAMA : Ça va lui passer. Tu es son fils. Et ça il ne peut pas le changer. - WILLIAM : Tu crois ? - MAMA : Bien sûr ! Je connais mon mari. J'avais juste cru en ce que ma mère m'avait certifié. Et j'avais ainsi décidé de laisser au temps. Durant toute la semaine, et les 7 autres qui avaient suivi mon père ne m'avait jamais plus adressé la parole, même pas un autre bonsoir ou même un simple bonjour rien du tout. Il ne restait même pas dans la même pièce que moi. Quand j'arrivais il se levait ou bien évitait de rester quand il me trouvait. Et ça avait été ainsi tous les jours. Alors un soir tandis que j'étais en train de me reprocher de tout ça. Couché sur mon lit le sommeil mettant capricieux. Sans toutefois vérifier l'heure qu'il faisait, je décidais de sortir prendre un peu d'air. Je pris un banc que j'installais à l'extérieur sur la véranda. J'étais donc assis là à regarder devant moi sans chercher à insister sur quelque chose en particulier quand mon regard se tourne vers la tombe de ma sœur. J'y vois une silhouette debout devant sa pierre tombale. Je me demandais bien qui c'était et encore que faisait-il là. Je descends dans la cour et je me mets à avancer à pas de félin en chasse vers la tombe. À moins de 10 mètre, je demande : - WILLIAM : Vous êtes qui ? Vous faites quoi là ? Mais aucune réponse. Puis je demande une nouvelle fois - WILLIAM : Je demande qui vous êtes ? Quelques secondes passent puis il me dit : - Je n'ai plus le droit de venir me recueillir sur la tombe de ma fille ? J'avais reconnu cette voix. C'était celle de mon père. Je m'avance un peu plus jusqu'à me tenir à côté de lui. - WILLIAM : Papa je regrette vraim... - PAPA : Shuuuuuut ! Je suis venu ici pour être avec Évelyne. Si tu veux rester, reste. Mais ne me perturbe pas. Nous restons là une bonne heure, sans rien se dire. Puis finalement, il me dit : - PAPA : Retournons à la maison. Je ne suis pas prêt à te prendre en charge si jamais tu tombes malade à cause du froid et des moustiques ici. Il me parlait, mais il avait déjà commencé à marcher. Nous entrons dans la maison, et moi, je suis en train de verrouiller la porte. Je finis et je veux aller dans ma chambre quand il m'interpelle. - PAPA : William ? - WILLIAM : Papa ! - PAPA : Viens t'asseoir. Ce que je fis - PAPA : Qu'est-ce que tu veux ? - WILLIAM : Je ne comprends pas papa. - PAPA : Écarte alors bien tes oreilles. Je vais répéter. Qu'est-ce que tu veux ? - WILLIAM : Rien !... - PAPA : Rien ? Et tu fais quoi ici ? - WILLIAM : En fait... Papa... - PAPA : William, où tu es là, tu es déjà un homme. Voici déjà presque deux mois que tu es là à manger chez moi, boire et dormir. Donc, je te redemande qu'est-ce que tu veux ? Mon père était beaucoup trop énigmatique. Je ne savais même pas quoi lui répondre, car si je lui donnais une réponse mal placée, il était capable même de me chasser à l'instant. Alors, j'avais gardé ma langue pendant près de 5 minutes puis je lui avais répondu. - WILLIAM : Papa, je suis rentré ici afin de te dire que c'est toi que j'aurai dû écouter et suivre cette formation de mécanicien. Si seulement je n'étais pas partie, je serais aujourd'hui à tes côtés au garage. - PAPA : Donc, comme ça, tu t'es réveillé un beau matin après 8 ans et 3 mois, tu as décidé de rentrer et venir me dire ça ? - WILLIAM : Non papa. La cause est qu'après 5 années d'étude et de travail. Je n'ai pas pu réussir l'examen final. - PAPA : Quoi ? Toi William tu as échoué ? - WILLIAM : Oui. Et l'école est tellement coûteuse que reprendre même est un luxe que je ne peux pas m'accorder. Mon père après m'avoir laissé terminer de parler s'était juste adossé et 10 minutes après, il me dit : - PAPA : Donc après toutes ces années d'étude tu n'as absolument rien appris au point de rentrer ici pour être garagiste ? Je n'en crois pas mes oreilles. - WILLIAM : Papa c'est que... - PAPA : William EFFA !!? Mon père me coupa net. Et dans son regard, je vis de la déception. Puis il me dit : - PAPA : Dis-moi, mon garçon. De toutes les années que tu avais passé avec moi ici, avais-tu déjà vu traîné mes 5 000 FR ? Il n'avait pas attendu ma réponse quand il s'était déjà levé pour rentrer dans sa chambre. Quant à moi, j'étais encore resté assis avec la même position à chercher à comprendre ce qu'il avait voulu me dire par là quand finalement vaincu par la fatigue, je m'étais juste adossé pour m'endormir. Je suis réveillé quelque temps après par ma mère qui me somma de quitter sur ses chaises et d'aller me coucher dans la chambre. Elle n'avait d'ailleurs jamais aimé qu'on s'endorme sur les chaises. Je vais dans la chambre essayer de continuer à dormir. Mais bizarrement, je n'avais plus sommeil. Et tout d'un coup, je sens une brusque baisse de température dans la chambre. Il faisait très froid. Je voulus me lever, mais j'étais comme bloqué sur lit. Pris de panique, je me mets à me débattre de toutes mes forces pour quitter le lit, quand je vois quelque chose passer devant moi très rapidement. Je fais le mouvement avec ma tête pour suivre ce que je crois avoir vu. Et mon regard tombe sur ma sœur, son allure et son apparence sont tels ses derniers jours, elle avait même sur elle le triste kaba avec lequel elle avait rendu l'âme. Dans cette même chambre où je dormais, sur ce même lit. Mais je ne sais par comment ce kaba était tombé la laissant ainsi nu et je remarquais qu'elle avait un vide dans la poitrine au niveau du cœur. Elle se met à verser des larmes, puis lève sa main et pointe quelque chose du doigt en face d'elle. Toujours immobilisé sur le lit, je tourne ma tête et qui, vois-je là : son médecin traitant vêtu de sa blouse blanche avec une seringue en main.
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