Les larmes coulent sans cesse, brûlant mes joues, même si je sais que pleurer ne fera qu'empirer les choses. Ici, si les hommes nous entendent pleurer, ils nous emmènent dans une autre pièce pour nous torturer. Cela doit faire à peine quelques heures depuis la mort de ces enfants, qu’ils amènent déjà d’autres personnes. Nous sommes tellement nombreux, qu’ils sont obligés de nous détacher afin que l’on puisse se serrer pour que tout le monde tienne dans la pièce. L'un des hommes enlève mes chaînes. Je frotte mes poignets endoloris, constatant les marques rouges laissées par le métal. Les gardes s'absentent pour aller chercher d'autres captifs. Pour la première fois depuis longtemps, nous ne sommes plus surveillés et, mieux encore, nous sommes détachés. Malgré la douleur qui irradie dans tout mon corps, une lueur d'espoir s'allume en moi. C'est peut-être notre seule chance. Je prends une profonde inspiration, rassemblant tout mon courage, et je me lève doucement. Il faut que je trouve un moyen de nous sortir de là.
Femme : Ne faites pas n’importe quoi, restez là.
Chloé : Justement je fais ça pour nous.
Je me dirige vers la porte, essayant de rester silencieuse et invisible. Toute cette maison est complètement en ruine. Les papiers peints pendent en lambeaux, et des déchets jonchent le sol. En entrant dans la pièce voisine, celle où ils nous torturent, je m'aplatis contre le mur à l'écoute du moindre bruit. Les gardes remontent. Mon cœur bat à tout rompre, chaque seconde augmentant la panique qui monte en moi. La seule chance de m'échapper est de trouver un téléphone, et un moyen de l'utiliser. Postée contre le mur, j’observe autour de moi. La pièce est encombrée de meubles délabrés alignés contre les murs, des étagères poussiéreuses chargées de vieilles boîtes et d’outils rouillés. Une chaise avec des lanières pour attacher les pieds trône au centre. Une table encombrée de déchets et d’outils de torture tel que des couteaux, des chalumeaux ou des pinces se trouve sur le côté.
Quand ils finissent par redescendre, je peux enfin commencer à fouiller. Je fouille frénétiquement la pièce, ouvrant les tiroirs, renversant des objets, et scrutant chaque recoin. Aucun téléphone en vue. Mon cœur bat de plus en plus vite, la panique me gagne. Je sais que ma seule chance de sortir de là est de trouver un moyen de communication. Je passe dans la seconde pièce, luttant contre la douleur qui irradie tout mon corps. Des piles de cartons et de linge jonchent le sol. Je commence à les déplacer un par un, mes mains tremblantes d'urgence et de peur. Sous une pile de linge sale, mes doigts touchent enfin quelque chose de dur. Un téléphone ! L'écran s’allume faiblement, affichant un avertissement de batterie faible. Je vois qu’il ne reste que quelques pourcents de charge, mais je décide d'essayer quand même, priant pour que cela suffise. Je m’empresse de composer le numéro des secours malgré mes doigts tremblant tellement. Je dois m'y reprendre plusieurs fois pour composer chaque chiffre à cause de mes mains glissantes sur l’écran tactile avec de la sueur.
Chloé : Aidez-moi, je vous en supplie.
Opérateur : Centre d’appel opérateur n°78 quel est votre nom ? Quel est votre problème ?
Chloé (avec une respiration saccadée) : Je suis Chloé… Chloé Dubois, j’ai été enlevé… Aidez-moi ! Ils vont bientôt me trouver.
Opérateur : D’accord Chloé, respirez profondément. Essayez de me dire ce que vous voyez exactement autour de vous, une chose à la fois.
Chloé (pleure) : Je suis dans une... je crois que c’est une maison, non, une ferme... des arbres, il y a des arbres partout !
Jackson (calme et rassurant) : Chloé, ici Jackson de la police. Êtes-vous blessée ?
Chloé (entre deux sanglots) : Le téléphone... ils m’ont... je... quoi ?... les enfants, les enfants sont morts !
Jackson : Chloé, concentrez-vous. Dites-moi si vos ravisseurs sont nombreux.
Les bruits de pas se rapprochent, et chaque craquement du sol me fait sursauter. Mon cœur bat à tout rompre, et je sens une sueur froide couler le long de mon dos. La panique m'envahie.
Chloé (désespérée) : Je... je suis... ils... ils arrivent, je ne sais pas... je ne sais pas où je suis ! S'il vous plaît, sauvez-moi !
Jackson : Chloé, restez en ligne, on vous localise. Tenez bon, on arrive.
Homme1 (hors champ) : Elle est là, la s****e ! Victor ! Dominic ! Attrapez-la !
Chloé (pleure, affolée) : Ils… Ils ont dû m'entendre. Je... je... (elle s'étouffe dans ses sanglots) je vous en supplie... ils sont... ils sont là, ils arrivent !
Jackson (ferme) : On va vous retrouver, Chloé. Tenez bon, on est en route. Ne perdez pas espoir.
La porte de la pièce où je me cache s'ouvre violemment. Dominic fait un pas en avant, m’attrape violemment par le poignet et me donne un coup de poing au visage. J’ai le visage en sang. Je tombe au sol et le téléphone me glisse des mains. Ses collègues se précipitent pour maîtriser la situation.
Homme1 : Merde Dominic arrête ça, tu veux. Viktor, donne-moi le téléphone.
Chloé (hurle) : Jackson ! Au secours…
Viktor (arrache le téléphone des mains et le lance à Vlad) : Attrape ça, Vlad.
Vlad (saisissant le téléphone) : Ne pensez même pas à la retrouver. Bonsoir.
Il raccroche et se penche vers moi, m'attrapant les cheveux pour tirer ma tête en arrière.
Vlad (avec un sourire cruel) : Il ne te retrouvera jamais. Et toi ma jolie, avec ce que tu viens de faire, tu peux être sûr que jamais tu ne partiras d'ici.
Je lui crache dessus. Il se redresse, essuie lentement son visage, puis, avec une froide détermination, commence à me frapper violemment, le tout en me disant que maintenant j'étais à lui. Chaque impact m'arrache un cri de douleur. Les coups de Vlad s’abattent sur moi avec une force implacable, son visage impassible alors qu’il assouvit sa colère.
Vlad (entre deux coups) : Maintenant que les flics sont au courant, il faut qu’on bouge. Dominic, rassemble quelques hommes et faites disparaître toute preuve. Il ne doit rester aucune trace de notre passage. Qu’il ne reste plus aucune trace ! Viktor, prend le reste des hommes et charge les camions. Vous avez une heure. (se tournant vers moi) Quant à toi, je t’emmène directement là où tu dois être.
Il m’attache les mains et les pieds, puis b***e les yeux et me met un bâillon dans la bouche. Il me soulève sur son épaule, me faisant sortir de la maison avant de me jeter à l’arrière d’une voiture. J’entends plusieurs coups de feu retentir. Les larmes coulent sur mes joues.
Une heure plus tard, les véhicules commencent à bouger. Je me sens si seule... Comme si j'étais au fond d'un trou, un trou profond où l'obscurité règne en maître et où il n’y a aucune échappatoire.