Chapitre 15
Aziz Thiam
Depuis quelques jours j’ai un peu la tête ailleurs. Toute ma famille l’avait remarqué. Je ne participai pas activement au discussion. Ma mère avait remarqué mon absence, ainsi que ma femme.
Je leur ai dit que c’était à cause du boulot mais la personne que j’essaie de convaincre en disant cela c’est moi. J’essaie de me convaincre moi-même que c’est à cause du boulot et non à cause d’elle… à cause d’Aicha.
Je repense sans cesse a ce qui s’était passer ce soir-là, je pense que c’est à cause de cette évènement que je suis perturbé. J’ai besoin de réponse pour pouvoir passer à autre chose.
Il était 16 heures lorsque je suis arrivé chez elle. Sa tante était au salon devant une télénovelas. Je suis passé une dizaine de minutes avec elle.
- Je me demandais même si tu allais revenir ici, je pensais qu’Aicha et toi étiez en froid
- Non…c’est le boulot tata, mentis-je. D’ailleurs Aicha est là ?
- Oui elle est dans sa chambre
Je l’ai remercié et je me dirige vers la chambre qui était au fond du couloir. Je toque et attend une réponse.
- Entrez !
Toute la chambre était plongée dans le noir, la seule source de lumière venait de l’ordinateur qui éclairé le visage d’Aicha. La première chose que j’avais aperçu était son visage remplis de triste et des larmes sèches sur ses joues. Je m’avance vers elle et la prend dans ces bras.
Après m’être détaché de ces bras, je l’ai tout simplement observer et elle faisait de même. Un silence intense c’était installé entre nous deux. Le seul bruit que l’on entendait était celui du ventilateur.
Je ne pouvais m’empêcher de regarder son visage, de l’admirer, ses yeux, son nez, sa bouche pulpeuse. Sa belle touffe de cheveux afro. Je sentais son visage s’approchais de moi et j’ai eu comme un déclic. Je me suis lever du lit et j’ai allumé la lampe.
Lorsque je me suis retourné pour lui faire face, elle avait les mains sur la tête.
- Aicha…je suis venu ici pour que l’on parle de l’évènement-
- Y’a quoi à dire ? me coupe Aicha
- Je…
- Tu veux que je te dise quoi ? Pourquoi j’ai essayé de t’embrasser ? Parce que demeu leu beugeu, je suis amoureuse de toi. Ioe rk ya nekeu sama khel, ya nekeu thi sama khol. Aziz li meusou meu dal ! Je ne comprends pas ! Mais je sais que mes sentiments ne sont pas réciproqués. Tu m’as fait comprendre que tu aimer ta femme. Je ne peux pas changer ce que je ressens…je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi, je te dois plus que je ne peux dire mais…
- Aicha…
- Je pense que…
Je m’approche d’elle et pose sa main sur sa bouche pour lui couper la parole.
Ces larmes coulaient encore et tomber sur la main. Je me sentais coupable car j’étais la cause de ces larmes. J’étais le seul coupable de sa tristesse. Lorsque je me suis promis de l’aider, je ne pensais pas que les choses allaient en arriver ici.
Je ne pensais pas qu’elle allait avoir des sentiments pour moi, je ne pensais pas que la sortir de ma vie allait être aussi difficile. En si peu de temps elle a pris une grande importance dans ma vie. Je tiens à elle, beaucoup trop même. Je ne sais même pas pourquoi.
Ces semaines que j’ai passé sans la voir on était plus dur que je ne le pensais, seul elle hantait mes pensées. J’en ignore encore la raison…
Je savais ce qu’elle allait me dire et je ne voulais pas…non je ne pouvais pas l’entendre.
Alors que j’étais enfuis dans mes pensées, Aicha allais retirer ma main de sa bouche.
- Aziz guiss leu, dafmey fatéli loumeu amoul rk, te voir me rappel juste que je ne peux pas t’avoir. Je pense que tu devrais sortir de ma vie et je ferais de même.
- Est tu sur de ta décision ?
Mon visage était neutre, dans ces yeux je voyais qu’elle attendait une autre réponse mais je ne pouvais lui dire autre chose. Je ne voulais pas lui donner de faux espoir. Si cette décision est ce qui est de mieux pour elle, alors c’est ce que je ferais.
- Oui…
Je me lève et me dirige vers la porte de sa chambre. Je me suis arrêter dans mon élan et je me suis retourné vers elle. Je me suis avancer et je lui ai fait une bise sur le front et je lui ai murmuré à l’oreille.
- Au revoir Aicha Diouf
Souadou Barry
J’étais déjà en retard. Aicha m’avais demandé de venir chez elle. Je devais l’accompagner chez une de ces amis : Mame Binta, une infirmière qu’elle avait rencontrée dans son centre.
J’ai cru voir la voiture de Aziz alors que j’entré dans le quartier. Ma curiosité légendaire m’a donné la force de tapé un sprint sous le sable chaud pour arriver chez elle. J’ai rapidement dit bonjour à sa tante.
- Sou pourquoi tu es essoufflé comme ça, demande tata Khoudia inquiète
- Je courrais pour arriver plus vite tata !
- Ioe tamit ! loutakh ! Je vais te ramener à boire
- Merci tata
Je suis allé dans ma chambre et j’ai retrouvé Aicha dans le noir en train de pleurer.
- Wa Aicha ??
Je suis allé la prendre dans mes bras.
Léna Jeanne Gueye
Je n’arrivais pas à en croire mes oreilles, ni mes yeux d’ailleurs. Mame Binta venait de me montrer son compte en banque. Birame avait bien pris ces précautions…Malheureusement ce n’est pas avec l’argent que la douleur de Mame va disparaitre.
- Bref, parlons de toi…comment tu vis ta séparation ?
Je me suis mise à rire.
- Té dou kham gueu meu ? Tu me connais non ?
- Ay Léna lo defati ? Qu’a tu fais ?
- Je vie avec David…
- Pardon ?
- Et on est marié devant la loi
Mame n’arrivait pas à me croire pendant 10 minutes j’essaie de lui affirmer que c’était vrai.
- Ah Léna !
C’était tonton Bira le père de Mame Binta. Mon Dieu ! j’espère qu’il n’a rien entendu.
- Tonton ça va ?
- Salut papa, dit Léna lui faisant la bise
- Comment allez-vous (…)
Après un moment passer à discuter de l’actualité à Dakar mon oncle s’est tournée vers moi.
- Léna…Je sais que récemment on t’a annoncé une nouvelle qui ne t’a pas plus. Crois-moi si cela ne tenais qu’a moi tu serais avec lui. Mais nak les circonstances font que les choses sont un peu plus compliqués. J’espère que tu nous en veux pas.
- Ne t’en fait pas mon oncle je comprends tout à fait
Alors que je disais ça, Mame Binta me regardait avec des gros yeux. J’ai laissé échapper un petit rictus un demi seconde avant que mon oncle s’en aille.
- Ay Léna ! Quand les gens vont apprendre ce que tu fais ?
- Tu veux que je fasse quoi ? Que je reste malheureuse et que je laisse les gens décidées de ma vie à ma place ? Personne ne le saura on va prendre nos précautions
- Que va te faire quand Mame Coumba ou quelqu’un de sa famille a lui décide de vous rendre une visite surprise ?
- Mame je vais tout gérer ! kholma rk
- Bakhneu dal…
Mame Binta Ndour
Cette folle qui me sert de cousine ne cesse de m’étonner de jours en jours. J’ai bien peur que son secret ne va pas perdurer. J’espère juste que d’ici le père de David va peut-être changer d’avis.
- Salam Aleykoum
Cette voix ! Je me retourne le sourire au lèvre.
- Aicha ! dit-je en la prenant dans mes bras. Oh ma chérie tu m’avais tellement manqué. Les filles à la clinique on dit que tu demander tous les jours après moi. Je suis désolé d’avoir disparu comme ça du jour au lendemain…
- Je comprends Mame…tu m’avais beaucoup manqué aussi. Sigui ndigalé, tous les condoléances.
Je la prends dans mes bras et j’essaie de ne pas verser des larmes.
- Ey ! mais je te reconnais toi ! lance Léna a l’amie d’Aicha
- C’est ma folle de cousine, lançais-je. Léna je te présente Aicha et son amie… ?
- Souadou ! Je pense qu’on s’était heurté au restaurant il y a quelque temps !
- Ah oui ! c’est vrai, encore désolé, s’excuse Léna
***
Souadou Barry
J’étais tranquillement chez moi avec ma sœur et son bébé. Je discuter par message avec Wally.
- Toi la, depuis tout à l’heure tu souri, khana sa farr guay wakhal ? tu parles avec ton mec ?
- Tchup ! je parle avec Aicha
- Prend moi pour une conne oui… depuis quand tu me cache des choses toi ?
- Bon okay…
Je lui ai tout expliquer dans les moindres détails jusqu’à ce que fut coupé par la sonnerie de mon téléphone. C’était Wally.
Je suis allé dans ma chambre et j’ai décroché le téléphone.
- Salut, princesse
C’est peut-être un mot sans valeur, sans sens, un mot dit en l’air mais pourtant l’effet qu’il me fait est bien réel.
- Ça va ?
- Non…tu me manque, dis Wally avec un petit rire
- On s’est vu hier au bureau !
- Legui ? amouma droit nameuleu ? Je n’ai pas le droit de dire que tu me manque ?
- Toi la…
- Wa dit moi, qu’est-ce que tu fais ?
- Rien, je suis avec ma sœur et sa fille
- Habits toi, je viens te chercher
- Pourquoi ?
- On va aller au restau… !