II – Ce même mardi 18 octobre

2931 Words
II Ce même mardi 18 octobre Marc Renard arriva en milieu d’après-midi devant la propriété de Ian Ségalo. À la sortie de Plouharnel, sur la route de Quiberon, une grande bâtisse, flanquée en son milieu d’une tourelle, occupait le fond d’un parc à la pelouse taillée au millimètre. Quand, la veille, il avait rappelé Ségalo, celui-ci s’était montré lapidaire et insistant, expliquant qu’il préférait énoncer de vive voix ce qu’il attendait du détective et l’assurant qu’il s’agissait d’une affaire de la plus haute importance. Renard s’était laissé convaincre de venir lui rendre visite dans le Morbihan. Tout comme Ségalo, Renard était natif de Carnac. Ils s’étaient fréquentés une bonne partie de leurs vacances de jeunesse, à disputer des matchs de volley ou de foot sur la plage de Légenèse, et à partager les mêmes virées nocturnes. Tandis que Marc Renard achevait à Rennes ses études de droit, Ian Ségalo succédait à son père, promoteur immobilier, et prenait à son compte l’entreprise familiale, Promos 56. À ce qu’en savait Renard, son ami semblait avoir plutôt bien réussi dans la profession. Marc Renard gara son Astra dans la cour, près de l’escalier conduisant à l’imposante demeure, à côté de deux autres véhicules, une Jaguar et un coupé 407. Deux jardiniers s’activaient auprès d’un colossal massif de fleurs et plantes vivaces. De l’arrière de l’habitation, il entendit des aboiements de chiens. Renard grimpa les marches vers l’entrée au moment où la porte principale, à droite de la tourelle, s’ouvrait. Ian Ségalo apparut sur le seuil. De deux ans l’aîné de Renard, il était également d’une taille au-dessus de la moyenne. Sous ses cheveux blonds habilement décoiffés, son visage présentait un hâle qui devait autant aux séances d’UV en cabine qu’à l’air iodé du Morbihan. Un sourire éclaira ses traits tandis qu’il saisissait Renard aux épaules. — Marc ! Je suis si content. Ça fait une paye ! Marc lui rendit son sourire. — Sept ans ! Je n’avais jamais trouvé l’occasion de revenir par ici. — Viens, rentrons. Renard le suivit jusque dans le salon, conçu en duplex dans la rotonde. Ils s’assirent dans la partie inférieure devant une table basse en marbre rose. Ségalo présenta un paquet de cigarettes blondes. Renard eut un signe de dénégation. — Alors, peut-être boiras-tu quelque chose ? proposa Ségalo en sortant son briquet et allumant une cigarette. Un whisky ? J’ai du Glenlivet, quatorze ans d’âge. Ou préfères-tu un Jack Daniel’s ? — Va pour le bourbon. Ségalo se releva et se dirigea vers un bar doté de deux tabourets hauts. Il s’affaira quelques instants pendant que Renard parcourait la pièce du regard. Des trophées de chasse voisinaient avec des portraits animaliers. Ségalo revint avec deux verres copieusement remplis. Il répondit à l’interrogation muette de Renard. — Le virus m’a pris il y a cinq ans. Depuis, je chasse régulièrement. J’ai une sacrée collection d’armes ! C’est d’ailleurs un Rennais qui m’a initié. Jean-Luc Brard. Tu le connais ? — De nom. C’était le propriétaire d’un grand complexe de sport, n’est-ce pas ? J’ai ouï dire qu’il avait vendu son club. — Exact. Et devine ce qu’il va faire du produit de la vente ? Eh bien, il a l’intention d’organiser des safaris en Afrique du Sud. J’espère être un de ses premiers clients. — J’ai entendu des chiens aboyer à mon arrivée. C’est aussi pour chasser ? — Oui. J’ai deux setters irlandais. Ils m’ont coûté la peau des fesses, mais je ne le regrette pas. Et toi, tu t’intéresses à la chasse ? — Non, pas vraiment. — Tu préfères chasser les humains. Ian Ségalo sourit et leva son verre en direction de Renard. — À notre santé et à nos retrouvailles, Marc. Bon sang, tu te souviens de toutes nos parties ? On a commencé tout gamin dans les menhirs. — Et comment ! À l’époque, en échange de quelques pièces, les mioches racontaient la légende aux touristes : saint Cornély, pape à Rome, fuyant les persécutions romaines, avait changé en menhirs les légions lancées à sa poursuite ! Je ne suis pas près de l’oublier. Marc Renard prit son verre et rendit son toast à son ami. Les deux hommes avalèrent une gorgée du liquide ambré. — Alors, Marc, raconte-moi un peu. Qu’est-ce que tu deviens ? Renard saisit à nouveau son verre et, cette fois, s’humecta les lèvres plus qu’il ne but. Il n’aimait pas parler de sa vie ni de ses activités. — Comme tu le sais, j’ai monté une agence d’enquêtes privées, à Rennes. J’ai une associée. Les débuts n’ont pas été faciles, mais nous avons réussi à faire notre trou. Tu as entendu causer de moi ? — Bien sûr ! Les relations, c’est fait pour ça. Tu as rendu service à des gens que je connais. Ils m’ont dit que tu étais efficace, ce dont je ne doute pas, car on se connaît depuis pas mal de temps, non ? Au fait, tu es seul dans la vie ? Renard répondit de façon laconique : — Je ne suis pas sûr qu’une femme puisse supporter mon genre de vie. Trop d’imprévus, trop d’horaires irréguliers. Et toi ? Ségalo soupira. — Un divorce, il y a trois ans, qui m’a coûté un max. Pas d’enfants, c’est déjà ça ! Mais, bon sang, si tu savais les ennuis qu’elle m’a causés ! À écouter son avocat, j’étais le plus grand pourri de la terre ! Bon, c’est heureusement terminé. Après, rien de sérieux jusqu’à il y a six mois. J’ai fait la connaissance d’une Vannetaise, une pharmacienne. Divorcée elle aussi, sans enfants. Elle venait de lâcher son mec, qui tenait un gros restaurant sur le port de Vannes. Un type v*****t, il l’avait frappée. Je suis arrivé au bon moment. Là, je sens que c’est du sérieux. Et avec ça, la plus belle paire de fesses de la presqu’île ! Ah tiens ! rien que d’y penser… Ségalo ferma les yeux, sourire béat aux lèvres. — Elle est à Carnac, en ce moment, à la thalasso. Tu auras l’occasion de la rencontrer. Tu as déjà essayé la thalasso ? Je te recommande le spa marin. Le parcours aquatique est vraiment jouissif, avec jacuzzi, rivière sensorielle, alcôves de détente, et puis des massages en fin de parcours, tout pour te redonner une pêche d’enfer ! — Ce n’est pas trop mon truc. Bon, Ian, allons au fait, pourquoi m’as-tu fait venir ? demanda Renard. Le visage de Ségalo s’assombrit. Il prit son verre et le vida d’un trait avant de se resservir une rasade. — Une s****e. Une s****e de journaliste n’arrête pas de me harceler. — Une journaliste qui te harcèle ? répéta Renard, surpris. — Oui, une journaliste. Elle sévit dans une feuille de chou locale, La Tribune du Morbihan. En fait de Morbihan, ils ne couvrent que la région de Carnac et la presqu’île, mais c’est bien suffisant ! — Et que viens-tu faire là-dedans ? — Depuis des mois, je suis l’objet d’attaques en règle de cette petite c******e, Gaëlle Madec, c’est son nom. J’ai un projet en vue, dans la baie de Plouharnel, qui leur donne des boutons, à elle et à sa f****e rédaction. Destruction de l’environnement, pillage des espaces publics, course au profit, manipulations politiques… Tous les quinze jours, j’ai droit à la totale ! — Et ça te gêne ? Ian Ségalo porta à nouveau le bourbon à sa bouche, mais sans boire. Il reposa brutalement le verre, faisant jaillir quelques gouttes sur la table. — Ils peuvent raconter n’importe quoi sur moi, j’en ai rien à cirer. Sauf… sauf quand ça me cause un préjudice professionnel ! Ces terrains, je les ai achetés ; il me faut un rapide retour sur investissement, et pour ça, je dois les revendre bâtis. Or, les élus rechignent à m’accorder le permis de construire. Il y a encore peu, ils étaient tous d’accord, le maire en tête, pour accompagner mon projet. Maintenant, je sens des réticences. Mes rendez-vous sont reportés, je n’ai plus de coups de téléphone, c’est moi qui dois aller à la relance ! Comme par hasard, le projet ne serait plus prioritaire. Pas abandonné, non, mais il leur faut des compléments d’information, alors que tout était quasiment bouclé. Tout ça à cause de ce torchon qui leur fout la trouille ! Évidemment, les écolos du coin embrayent sur ce sujet, mobilisent les gens, lancent des pétitions anti-Ségalo ! — Tu as bien des avocats dans tes relations ? Tu peux menacer ce journal de procès en diffamation s’il raconte n’importe quoi. — Tu sais comment procède ce type de journaleux. Tout est rédigé au conditionnel : « Il semblerait que… Il se pourrait que… Si l’on en croit certains… » Non, y a rien à espérer de ce côté, que dalle. — Tu l’as rencontrée, cette… comment dis-tu ? Marec ? Madec ? — Madec. Gaëlle Madec. Ce serait plutôt la gale que Gaëlle, cette gonzesse ! Oui, il y a six ou sept mois. Elle m’a fait une demande d’interview. Je ne me suis pas méfié, j’ai joué cartes sur table. Je lui ai tout exposé en détail. Je lui ai même montré une partie des plans. Bref, elle a pris des tas de notes, sans presque m’interrompre. À la fin, quand elle m’a demandé si j’étais conscient des dommages que je faisais subir à l’environnement, j’ai eu tort de lui dire qu’on ne faisait pas d’omelette sans casser des œufs. Une semaine plus tard, j’avais droit à un titre énorme dans son satané canard : « Ian Ségalo place le profit au-dessus de l’intérêt général ! » Suivait un article au vitriol selon lequel j’étais un type sans morale pour qui la préservation du site importait peu pourvu qu’il s’en mette plein les poches, etc. Pas un mot sur l’impact de mon projet sur l’économie locale ! Rien sur les emplois que je créais, les impôts que je payais ! Ah ! elle m’a bien eu ! Et depuis, ça continue, numéro après numéro ! Le promoteur eut un geste fataliste. Il contempla un instant son verre, semblant se demander ce qu’il allait en faire, puis il regarda Marc. — Je vais te montrer quelque chose. À son invite, Renard se leva et le suivit vers un vaste bureau jouxtant le salon. Un immense portrait de Ian et de son père, Richard Ségalo, fondateur de Promos 56, occupait tout un pan de mur. L’homme d’affaires écarta deux chaises et se posta près de la table ovale qui trônait au milieu de la pièce. Sur le dessus était posée une maquette d’au moins deux mètres carrés. Renard reconnut la baie de Plouharnel enserrée entre le continent et la presqu’île de Quiberon. Ségalo pointa l’index sur un immeuble en réduction disposé en arc de cercle, qui faisait face à la mer. — Oceano Nox ! Trente appartements grand standing, avec de vastes balcons donnant sur la baie, dit-il en caressant le toit blanc de l’immeuble miniaturisé. Espaces verts, jardins privatifs, piscine chauffée à l’année, présence permanente de gardiens et système de sécurité le plus sophistiqué du marché. Crise ou pas, je vends le tout en un clin d’œil ! Renard opina. — Si tu le dis… — Marc, j’ai besoin de réaliser ce projet, sinon je bois le bouillon. Il me faut ce permis de construire ! À vivre au-dessus de mes moyens, je frise la catastrophe. — Je croyais que tes affaires marchaient bien. — Le problème, c’est que le fric sort plus vite qu’il ne rentre. Que veux-tu ? Sur terre, on n’est que de passage, alors il ne faut pas se louper. C’est ma seule philosophie. On n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard ! — Mais en quoi puis-je donc t’aider ? Ségalo cessa de tripoter son décor en carton. Il se frotta les mains l’une contre l’autre et prit un air concentré. — Ce canard doit cesser ses attaques. Pour cela, il faut mettre cette Madec hors circuit. Enquête sur elle, trouve-moi du gratiné que je lui balancerai dans les gencives. Si elle est mariée – pauvre homme, comme je le plains ! – peut-être qu’elle trompe son mari. Peut-être aussi qu’elle boit, qu’elle se d****e. Elle doit sûrement avoir des failles. Dès que tu as déniché quelque chose de bien croustillant, tu me refiles le morceau. Je me charge de la faire taire. Renard ne semblait pas convaincu. — Et si je ne trouve rien ? — Tu trouveras, Marc, j’en suis sûr. Tu as le chic pour ça. On m’a raconté l’affaire de ce député. Lui aussi était traîné dans la boue par la presse. Et tu as su le sortir du marécage. — Je ne partais pas dans l’inconnu. Dès le départ, j’avais des billes. Ségalo soupira, puis secoua la tête. — Bon Dieu ! Ce qu’ils oublient, Madec et ses semblables, c’est que je lutte contre le chômage, moi ! J’en fais vivre du monde ! Plein de gens attendent que ce projet se fasse… Il fut interrompu dans sa diatribe. La porte d’entrée s’ouvrait. Une jeune femme aux cheveux blonds, en jean blanc et pull marin rayé entra brusquement dans le bureau. — Mais c’est Miel ! Je te croyais partie en balade ! Je ne t’attendais pas avant ce soir ! Marc, je te présente Miel Ravalec. Je t’ai parlé d’elle tout à l’heure. Et voici Marc Renard, un ami d’enfance, comme moi originaire de Carnac. Marc Renard serra la main de la jeune femme. — Mon vrai prénom est Michelle, mais Ian m’a donné ce surnom. — C’est plus joli. Qu’est-ce qui t’amène ? C’est un temps à profiter du soleil ! — Je n’en ai pas trop envie après ce que je viens d’apprendre. — Ce que tu viens d’apprendre ? (Ségalo la fixa attentivement.) Oui, tu m’as l’air passablement retournée. Allons au salon ! Tu vas nous raconter ça. Ségalo désigna les verres sur la table basse, avec une mimique ironique. — Je ne te propose pas d’alcool ! Ce ne serait pas convenable pour quelqu’un qui séjourne en thalasso. — Sauf que là, j’ai vraiment besoin de quelque chose de fort ! Ne bouge pas, je vais me servir. Miel prit la direction du bar. Renard la suivit des yeux. Et, tandis qu’elle se penchait pour s’emparer d’une bouteille de whisky, il apprécia à leur juste valeur « les plus belles fesses de la presqu’île ». La jeune femme les rejoignit avec son verre et s’assit. Les deux hommes la contemplèrent en silence pendant qu’elle absorbait une gorgée. — Maintenant, peux-tu nous dire ce qui justifie cette alcoolisation inhabituelle pour une curiste ? Marc Renard observa Miel Ravalec. Elle devait être sensiblement plus âgée que Ian Ségalo. Son visage ovale et parfaitement lisse offrait pourtant de minuscules ridules au coin de ses magnifiques yeux émeraude. Pas loin de la quarantaine, jugea-t-il, mais un corps aux courbes sans reproche. Chacun des gestes de cette femme respirait la sensualité. Renard estima qu’une fois de plus Ségalo avait beaucoup de chance. — Stéphane Granier a été assassiné. En fin de matinée, alors qu’il disputait une partie de tennis contre Nicolas Capet. Miel Ravalec avait lâché sa phrase d’un coup, sans respirer. — Comment ? Granier assassiné ? s’écria Ségalo. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? — Ce n’est pas une histoire, Ian, c’est hélas la vérité. Il a reçu une balle en plein front. — Une balle en plein front ? Mais… qui… — On n’en sait rien. Le tireur devait être embusqué à plusieurs dizaines de mètres. Il s’est évanoui dans la nature. — Tu étais sur place ? Miel secoua la tête. — Non, c’est ma copine Morgane qui m’a tout raconté. Elle était au club quand… quand ce drame s’est déroulé. Nous avions rendez-vous pour déjeuner ce midi. Granier a été tué quasiment à la fin du match. Il s’apprêtait à servir lorsqu’il s’est soudain effondré. — Tu parles d’une histoire ! — Vous connaissiez bien ce Granier ? questionna Renard. D’un même mouvement, Ian et Miel se tournèrent vers lui. — Plutôt, oui ! fit Ségalo. Enfin, ce n’était pas un ami, davantage une connaissance. C’est un petit monde par ici, on se connaît tous, tu t’en apercevras. Il s’était engagé à m’acheter un T6 à Oceano Nox. — Stéphane Granier était chirurgien, chirurgien esthétique. Son cabinet est… ou plutôt était à Auray, précisa Miel Ravalec. — Il a refait une bonne partie des nibards du coin, ajouta Ségalo. Un artiste dans son genre, un vrai Michel-Ange, paraît-il ! — C’est terrible, je devais disputer un match de double avec lui en fin de semaine. — Eh bien, tu trouveras un autre partenaire ! s’exclama Ségalo. En tout cas, c’est heureux pour Capet qu’il se soit justement trouvé en train de jouer avec Granier, sans quoi on l’aurait placé illico sur la liste des suspects ! Lui et Granier ne pouvaient pas se sentir. — N’exagère pas, le coupa la jeune femme. Pas au point de commettre un meurtre ! Marc Renard intervint à nouveau. Cette affaire ne le concernait pas et il n’avait pas pour habitude de perdre son temps. — Si on reprenait le fil de notre conversation, Ian ? Il y a un truc qu’il faut que je te dise. Même pour un copain, je ne travaille pas gratis. Ségalo approuva. — Oui, oui, bien sûr. Excuse-moi, mais la mort soudaine de Granier, surtout de la façon dont ça s’est produit, ça fait quand même un choc. J’ai fait venir Marc pour s’occuper de Gaëlle Madec et du torchon qui l’emploie, lança-t-il en regardant Miel. Celle-ci prit un air dégoûté : — Ils débitent un ramassis de mensonges, d’insanités sur Ian. C’est scandaleux ! — Je compte sur toi, Marc. Comme je te l’ai demandé, occupe-toi de cette emmerdeuse. Donne-moi les moyens de contre-attaquer et de clouer le bec à toute cette b***e de pète-couilles. Prends le temps qu’il faudra. Installe-toi à L’Armoric, près de la thalasso. Pour ta rémunération, demande-moi ce que tu voudras. Ce sera, comme ta note d’hôtel, imputé au projet Oceano Nox. — Bon, dans ces conditions, je vais voir ce que je peux faire, dit Renard. Mais je ne te promets rien. Pour tout t’avouer, pour l’instant, je ne sens pas trop le coup. Il se leva. — Tu t’en vas déjà ? s’étonna Ségalo. Attends une minute ! À dix-neuf heures, avec Miel, nous sommes invités au vernissage de l’expo de Léa Delcourt. Son atelier est à deux pas d’ici : Algues Marines. Une maison à double entrée, aux volets mauves. Tu es passé devant en venant chez moi. Renard inclina la tête indiquant qu’il avait repéré l’atelier de peinture. — Tu ne seras pas déçu, Léa possède un réel talent, et en plus elle est canon ! — Pourquoi pas, répondit simplement Renard. Ian Ségalo se redressa pour le raccompagner tandis que Miel Ravalec lui adressait un petit signe de la main. Ségalo interpella Marc alors qu’il ouvrait la portière de sa voiture. — Marc, je compte sur toi pour me sortir de ce pétrin ! Dubitatif, Renard haussa les épaules. — Et comment trouves-tu Miel ? Cette fois, Renard leva le pouce en l’air. Ségalo pointa un doigt vers le détective. — Eh, j’y pense tout à coup ! Miel et toi allez être logés au même hôtel. Alors, pas de folies tous les deux ! Marc Renard se contenta de sourire et démarra. Il prit possession de sa chambre à L’Armoric, à Carnac. Il se doucha puis s’installa sur le balcon et composa le numéro d’Alex. Celle-ci répondit immédiatement. Renard lui relata son entretien avec Ségalo. Il lui parla aussi du meurtre. — Faut avouer qu’un projet immobilier à cet endroit, c’est insensé ! — Ce n’est pas notre problème. — Je te donnais simplement mon avis. Dis-moi, ça me paraît bien foireux ce que te demande ton copain ! — À moi aussi. Je vais quand même tenter le coup. De ton côté, cherche tout ce que tu peux dégotter sur ce journal, La Tribune du Morbihan, et sur la journaliste Gaëlle Madec. — OK. Tu vas rester combien de temps ? — Je n’en sais rien. Au bout du compte, ça ne me déplaît pas de revenir par ici. N’oublie pas que j’y ai mes racines. Tiens ! à dix-neuf heures, je suis invité au vernissage d’une expo de peinture. — Tu ne perds pas de temps. Dans ce cas, bonnes vacances ! — Je t’enverrai une carte postale.
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