Chapitre 8

1584 Words
Je sortis de la propriété de la meute comme si j'avais le feu aux fesses. Je suffoquais et j'étais à deux doigts de tourner de l'oeil. J'avais quitté Vladimir en courant, alors qu'il me suivait et n'arrêtait pas de me questionner. Est-ce que j'allais bien? Que se passait-il? Autant de questions auxquelles je n'avais pas de réponse.Il ne pouvait pas m'aider. À ses yeux, je n'étais qu'une suspecte alors pourquoi devrais-je perdre mon temps à lui raconter mes soucis?J'arrivais vite à l'entrée de la réserve. Le cadavre de Steeve ou ce qu' il en restait, avait été emporté mais les traces de sang étaient elles bien visibles encore. Je ressentais la douleur dans le regard des loups qui s'occupaient du corps et pour la première fois depuis que j'avais appuyé sur la détente, je m'en voulus. Non pas que Steeve méritait de vivre. Non. Seulement, je ne pouvais m'empêcher de compatir à leur peine. Je me l'étais approprié. Me demandant comment je survivrais à la perte de ma famille. Mon estomac se révulsa et je vomis son contenu, pour ainsi dire rien.Je regardais à nouveau ma bague et elle était à nouveau bleue. Est-ce que j'avais eu une nouvelle vision? Non c'était trop réel.J'attrapais mon téléphone et composais le numéro de Veronica. Elle décrocha à la troisième sonnerie. - Nom d'un chien, mais où étais-tu Vé? - Bonjour, je vais bien merci, qu'est-ce qui t'arrive? - Où sont les filles ? demandais-je sans prêter attention à son sarcasme. - Elles sont là Jones, ça ne va pas? Les larmes me montèrent aux yeux et je me laissais tomber dans l'herbe vidée de toute énergie. Le soulagement dénoua la boule que j'avais au ventre. - Ça fait deux jours que je n'ai pas de nouvelle Vé, bon sang j'ai cru qu'ils vous étaient arrivées un truc. - Désolé Jones. À dire vrai, nous voulions te faire la surprise, nous serons bientôt là. - Bientôt là, que veux-tu dire? Dis-je surprise. - ben, on arrive. On n'allait pas te laisser seule à la Nouvelle-Orléans. J'étais partagée en entendant les mots de ma meilleure amie, bien sûr, j'étais plutôt soulagé d'entendre que j'allais bientôt les voir mais, je n'arrêtais pas de penser à la couleur de la bague. Qu'est-ce que ça voulait dire?Est-ce que mes filles seraient en sécurité ici, alors que des loups disparaissaient à la pelle?Et puis je connaissais l'aversion de Vé pour cet endroit. Alors pourquoi? - Vé, est-ce que tu es sûre de toi? Me contentais-je de demander. - Poulette, je te suivrais en enfer s'il le fallait et je sens que tu as besoin de nous, alors on rapplique. En entendant ces mots, je ne pouvais pas être plus reconnaissante. Quoiqu'il se passe, je pouvais compter sur elle et je savais que toutes les trois seraient plus en sécurité à mes côtés, là où je pouvais agir Être impuissante était la pire des situations.Mon euphorie disparue très vite quand Vladimir se laissa tomber près de moi.Comment allais-je faire accepter à Alferov deux louves sur son territoire tout en maintenant Dimitry loin de nous ? - Ok Vé, je dois te laisser.  Je te rappelle très vite.Je raccrochais sans lui laisser le temps de me répondre puis je reportais mon attention sur Vladimir. Ses yeux ne reflétaient rien d'autre que l'inquiétude. Si la suspicion, les avait rendu sombres, il n'y restait aucune trace de ce sentiment.  - Allez-vous me dire ce qui se passe? Me dit-il d'un ton bourru. J'ai senti votre angoisse, votre terreur et là, vous semblez étrangement sereine. - Vous rappeler vous m'avoir dit être désolé au point de me donner tout ce que je voulais, que je n'avais qu'à demander et que je serai servi . - Je ne sais pas pourquoi mais je sens que je vais regretter cette phrase. De quoi avez-vous besoin? - J'ai vu une propriété en venant ici qui étais en vente et j'ai remarqué que le numéro était le vôtre. Est-ce que je pourrais l'avoir? - Vu que vous avez déjà mon numéro je présume que vous me demandez une maison? C'est tout? Si j'avais su qu'il était si facile de vous contenter, je vous aurais offert plusieurs propriétés. - C'est un oui? - N'ai-je pas dit, tout ce que vous voudrez? - Dans ce cas, j'ai aussi besoin d'une autorisation pour séjourner dans le coin pour deux loups dont je me porterai garante, lâchai-je sans respirer. Il ne réagit pas et me regarda sévèrement. Puis plusieurs choses changèrent dans son attitude. Il serra et desserra les poings à plusieurs reprises, son tic nerveux refit son apparition. Il sourit. Mais son sourire n'avait rien de rassurant. Je déglutis. - Vous me demandez d'accepter votre amant et certainement l'un de ses rejetons dans ma meute ? Ne serait-il pas plus... il cherchait ses mots... judicieux de les laisser où ils sont ? - Monsieur Alferov. Il prit une inspiration bruyante, signe de son irritation. Je continuai malgré tout : - Quand vous ai-je mentionner un quelconque amant. Je vous l'ai deja dit, je ne veux d'aucun autre loup dans ma vie.Non, si je me tiens face à vous, ce n'est pas pour m'assurer d'être rejointe par un hypothétique compagnon. Êtes-vous cinglé pour vous faire autant de films ? Je vous parle de faire venir deux loups et tout de suite, vous m'inventez un amant. - Je n'accepterai pas de loups étrangers sur mon territoire, grogna-t-il. Je n'avais plus le choix, je devais me jeter à l'eau et prier pour qu'il ne soit pas de ceux qui veulent se mêler de tout. - Il va bien falloir, pourtant, espèce d'ours mal léché. Son regard surpris se posa sur ma personne. Et j'eus l'impression subite d'être un foutu insecte épinglé sur son mur. Je soufflai. - Ce sont mes filles, murmurai-je. Il me fixait toujours. - Vos filles ? - Oui, une paire, des jumelles de treize ans. Le silence qui suivit me parut dérangeant. - Dimitry n'est pas au courant. S'il l'était, il ne vous aurait jamais quittée. Déjà qu'il vous a recherchée toutes ces années ! pourquoi n'avoir rien dit ? Savez-vous que les mères sont traitées comme des reines chez nous ? Je ne pensai même pas à nier la paternité de Dimitry. Mais je fus étonnée de découvrir qu'il m'avait recherchée.Je savais par contre que les mères étaient sacrées chez eux. Les louves donnaient rarement naissance et quand ça arrivait, elles n'enfantaient qu'une fois. Une deuxième grossesse aurait été dangereuse et pour elles et pour l'enfant. Quant aux humaines, elles étaient trop fragiles pour supporter une telle chose. Moi, j'en avais eu deux d'un coup. Et s'il me prenait l'envie de recommencer, mon gynécologue n'y aurait pas vu de contre-indication. J'eus un rire sans joie. - Qu'aurais-je pu dire ? Non, ne me largue pas, je suis enceinte ? Il a fait son choix. Il a décidé de piétiner tout ce que nous avions. Ordonnez-lui de ne pas approcher de mes filles.La femme sans défense qu'il a connue jadis n'existe plus. Je ne devrais peut-être pas vous le dire, mais Dimitry m'a détruite et c'est en dansant sur son âme que je me suis reconstruite. S'il s'approche de ma famille, c'est sur les cendres de son cadavre encore fumantes que je marcherai.  Il grogna. - Abstenez-vous de menacer un membre de ma meute. Vous êtes seule responsable de cette situation déplorable. Je lui parlerai, mais je n'ordonnerai rien. Il fait partie de ma famille et vous n'échapperez pas à une explication avec lui. Je n'insistai pas, je savais que c'était plus que je ne pouvais espérer. Maintenant, je devais une faveur à cet homme. Rien n'était gratuit dans ce monde. - Merci, dis-je simplement. Je m'occuperai de votre enquête. Il va falloir que vous me donniez les détails. - Vos filles devront intégrer la meute, me coupa-t-il. - Quoi ? Mais non, il n'en est pas question. Je ne les fais pas venir pour m'en séparer. - Personne n'a parlé de séparation, ma belle. Mais vos filles vont certainement en cours. Ici, pour éviter les incidents, chaque clan a ses propres institutions. L'école se trouve sur le territoire de la meute. Je n'y avais pas réfléchi, mais c'était parfaitement normal. Les clans ici n'étaient pas sous la bannière du Lunamentis. Chacun portait son drapeau. Je me calmai instantanément. - Pourquoi Dimitry m'aurait recherché. Il avait sa nouvelle femme aux caractéristiques si particulières et moi, crachais-je. Il me prenait encore pour une humaine. - Ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Je vous l'ai dit vous n'échapperez pas à une explication avec Dimitry.Le silence s'installa un moment puis, incertain, l'alpha reprit la conversation. - Vous étiez sérieuse quand vous disiez que vous alliez résoudre l'affaire concernant la disparition de mes loups? - Ai-je l'air de passer mon temps à raconter des conneries. Je ne sais pour quelle raison, la douleur de vos loups s'invite dans ma tête et croyez bien qu'il n’y a rien de plaisant à cela. La seule façon d'y remédier est de les trouver et je n'ai pas pour habitude d'échouer. Même si je ne suis pour vous qu'une suspecte. - Vous n'êtes pas...commença-t-il en passant la main sur son visage d'un air lasse.Dès l'instant où cette idée m'est venue, je l'ai trouvé absurde mais pour le bien des miens je devais m'en assurer. - Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis? - Vous, Queen Jones. Vous êtes une énigme que je voudrais résoudre.
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