Chapitre 9

2466 Words
Vladimir me conduisit sur les lieux où les loups disparus avaient été vus pour la dernière fois, il s'agissait principalement de bars ou de boîtes de nuit. Le genre d'endroit beaucoup trop fréquenté pour pouvoir y suivre une quelconque piste surtout après plusieurs mois. Je décidais donc de me focaliser sur la disparition la plus récente Marcus, le frère de l'alpha. Nous nous étions arrêtés dans un club, "encore nightclub" ou le barman, un homme tout en longueur(plus d'un mètre quatre-vingt-dix) crâne rasé et maigre comme un clou semblait se souvenir de la dernière visite de Vladimir. Ses yeux exprimaient la peur et l'incompréhension. Pauvre bête.Je commandais un whisky coca et sentait le regard plein de reproche de l'Alpha.- Qu'est-ce qu'il y a, finis-je par lui demander agacée.- C'est comme ça que vous menez vos enquêtes?- je vous en prie Alferov, vous n'allez pas me dire que vous n'avez pas compris qu'il y avait une couille de du pâté?- Une couille dans le pâté? Répéta-t-il dubitatif.- Ouais le type sens la peur à plein nez, je suis certaine que vous sentirez la pise si vous vous concentrez un peu plus. Vous l'avez déjà interrogé et visiblement il n’en a pas gardé un souvenir très plaisant. On n'en tirera rien. Avez-vous déjà entendu un proverbe français affirmant qu'on n'attrapait pas des mouches avec du vinaigre. Non? Ouais j'oubliais que vous êtes russes. Comme pour me montrer qu'il était fier de ses origines, il se commanda une vodka.Je comptais mentalement et pariais que dans moins de trois secondes, il me poserait une question idiote.J'étais arrivé à deux quand, il reprit : - quel est le plan? Rester là à siroter tout l'alcool du bar? - C'est un peu ça l'idée. Je vais rester assise là, à moins que vous ne m'invitiez à danser et je déploierais mes dons. Avec un peu de chance je découvrirais une piste.- Je trouve cette façon de procéder très approximative si vous voulez mon avis.- Si vous avez une autre idée, je suis tout ouïe, sinon fermer là. Ce soir-là, j'avais bu, danser et évitez les regards meurtriers de l'alpha, le tout dans des proportions très élevées mais nous n'étions pas plus avancés.Vladimir m'avait ensuite conduite dans la magnifique maison qu'il avait acceptée de me louer vu que je n'avais aucune intention de m'installer indéfiniment et que je me voyais mal investir dans l'immobilier. J’investis les lieux le jour même. La demeure s’avérait être aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur. Et oh joie ! Elle avait l’eau chaude. Je n’avais pas à la meubler, le bien comprenait de magnifiques meubles anciens et seule la cuisine dénotait un peu, car tout y était dernier cri. Mes nerfs avaient été soumis à rude épreuve et comme toujours quand j’avais besoin de calme, je m’installai au bord de la table du salon et commençai à nettoyer mon arme. Je n'avais pas sommeil alors j'attendis patiemment que le soleil se lève pour rendre une petite visite aux sorcières. C'est la seule piste que j'avais pour le moment et je comptais bien mis attacher comme un chien à son os. Anitha, la nouvelle mambo( prêtresse vaudou)du coven de la Nouvelle-Orléans était très portée sur l'art déco. elle affichait un large sourire comme le faisaient ces vendeurs en immobilier. Quand je pénétrais sur les terres du coven, je sus tout de suite que quelque chose n'allait pas. Les sorcières étaient liées à la terre et ici tout n'était que béton et ferraille.Madame pallas, la grande mère de Veronica n'aurait jamais permis ça. C'était une traditionaliste invétérée. L'état du coven ne me disait rien qui vaille. Où diable était cette vieille aigrie? Tout chez la mambo respirait la méfiance. Alors même qu'elle me souriait et m'offrait à boire, son corps s'arc-boutait signe qu'elle était prête à se jeter sur moi dès que je ferais un mauvais pas. Ses yeux ne cessaient de me scruter tel un rapace ayant débusqué sa proie. Vêtue d'une robe ample de couleur bleue, elle jouait les hôtesses parfaites. Elle me versa une boisson de couleur jaune dans mon verre que je m'exhortais à ne pas toucher puis elle déposa sur la table une assiette pleine de biscuit dont je n'étais pas fan habituellement mais qui sur l'instant me fit salivée. Les petites douceurs semblaient me crier : mange nous. une certitude s'installa petite à petit dans mon esprit. Si je voulais sortir d'ici je devais soit boire soit manger. Un sort bien menerJe me mordis la langue si fort que le sang ne tarda pas à envahir ma bouche. Je devais résister.- Je rencontre enfin la fameuse Queen Jones, dit-elle avant de croquer dans un biscuit. Que me vaut cette visite? - Je suis ici depuis un moment et je n'ai eu aucune interaction avec les sorcières. Je me suis dit qu'il était temps de revoir une ancienne connaissance. Serait-il possible de voir madame Rosita Pallas?- Je suis désolé, me répondit-elle tendue. Rosita est en déplacement. Elle ne reviendra pas avant un moment malheureusement.- Étrange, rosita n'est pas du genre à se déplacer. Est-ce que le coven rencontre des difficultés quelconque?- Bien sûr que non, il s'agit d'affaire privée qui ne concerne que le coven, vous comprendrez que dans ce cas je ne peux vous en dire plus."Mange-moi" entendis-je alors qu'Anitha ne cessait de jacasser.- Bien entendu, m'entendis-je lui répondre alors que mon esprit se focalisait sur les biscuits. Mon pouvoir se déclencha et les cartes apparurent. Le sept d'épée qui représentait la duperie, l'impératrice qui me symbolisait et pour finir le bateleur qui devait incarner la mambo."Bois moi"entendis-je encore. Puis je me sentis tomber dans un abime sans fond. Une chute qui ne semblait n'en plus finir. Les images de m******e, de sang, d'incitations défilaient dans ma tête à une allure vertigineuse.Quand se fut terminer et que j'ouvris à nouveau les yeux, Anitha se trouvait pencher sur moi, l'assiette de biscuit à la main.- Que faites-vous? lui demandais-je.- Veuillez me pardonner mais vous aviez l'air mal-en-point.- Et vous comptiez me sauver à l'aide de vos gâteaux . - Ne jamais douté du pouvoir du sucre, dit-elle en souriant.Je la soupçonnais d'avoir voulu me les faire avaler de force . Je l'imaginais sans problème me gaver comme une oie. Mais je n'étais pas venue ici pour me faire manipuler par une sorcière médiocre.- Avez-vous eu des disparues dernièrement ? Repris-je.- Pourquoi une étrangère s'intéresserait à ce qui arrive au coven?- Je suis actuellement sur une enquête et différents clans déplorent quelques pertes. - Qu'est-ce que nous pourrions avoir en commun avec ses misérables loups?Je n'aimais pas les gens totalement fermer. ils ne répondaient à mes questions qu'avec une autre. Des personnes qui avaient visiblement des choses à cacher."Bois moi."À bout de nerfs, j'envoyais valdinguer biscuits et boissons.- Êtes-vous folle? me questionna-t-elle.- Si vous attendez que votre sort ait raison de moi pour que vous puissiez m'empoissonner vous risquez fort d'être déçue. Alors que la nourriture est étalée à même le sol, j'entends encore son horrible litanie. "Mange-moi, bois moi". Une raison suffisante pour que je vous embroche et que je vous démembre ici même. Alors répondez moi! Que ce passe t-il ici ?- Rien qui ne vous regarde, cracha-t-elle.- À vous de voir, je ne vous ai parler d'aucun loup, pourtant vous saviez exactement à quel clan je faisais allusion. Je vous propose de coopérer mais si vous préférez avoir affaire à la meute, libre à vous. Je serais curieuse de savoir ce que l'alpha penserait d'une éventuelle implication de votre part dans la disparition des siens.- Nous n'avons rien à voir avec la disparition des loups.- Peut-être, je vous souhaite bon courage pour convaincre Alferov.Sans compter qu'il se fera une joie de savoir que vos familiers ont disparu. Les sorcières ne se déplaçaient jamais sans leur familier. or, je n'avais pas vu celui de la prêtresse à ses côtés alors que j'avais la capacité de les détecter même dissimulés. Sans compter qu'aucun d'eux n'auraient survécu dans cette prison de béton. - À vous de choisir avec qui vous préférez traiter.Je tournais les talons sans demander mon reste.Je n'avais pas vu le temps défilé et quand j'avais quitté le territoire des sorcières, il faisait nuit. Pas étonnant que je sois aussi fatiguée. Comment de temps avais-je lutté contre le sort d'Anita?Je ne savais pas ce qui se serait produit si j'avais ingurgité quoi que ce soit mais le coven commençait à me paraître très suspect et ce n'était vraiment par une bonne nouvelle. J'allais avoir du mal à éviter la guerre. Le lendemain c'est un bruit strident et insistant me tira brutalement de mon sommeil. Je poussai un soupir las en espérant que ça s'arrêterait. C'est ce qui se passa, mais moins d'une minute plus tard, la sonnerie de mon téléphone retentit de nouveau. J'entrouvris un œil pour regarder l'écran et jurai en comprenant qu'il n'était que cinq heures du matin. Le numéro m'était inconnu, ça suffit à me convaincre d'ignorer l'appel. Je coupai toutefois le son et me recouchai, bien décidée à terminer ma nuit. Le téléphone du salon prit le relais. Agacée, je soufflai, comprenant que je n'aurais pas le choix. Mon portable vibra pour annoncer que l'harceleur ne renonçait pas. - Allô, crachai-je. - Bonjour. Il était la dernière personne que j'avais entendue la veille et la première aujourd'hui. Ça n'avait vraiment rien de romantique. Et pourtant, mon cœur rata un battement. Je me pinçai l'arête du nez et comptai mentalement jusqu'à dix, me demandant ce que j'avais bien pu faire au Ciel pour qu'il me tombe si souvent sur la tête. - Miss Jones, avez-vous pu trouver le sommeil ? - Vladimir, j'avais un rendez-vous très intime avec lui, mais un sans-gêne s'est permis d'y mettre fin. Que vous ai-je donc fait pour que vous me haïssiez ainsi ? Un rire cristallin me répondit. - Que voulez-vous ? - Juste vous avertir que Dimitry est en route. Je lui ai parlé et il semblerait que le moment des explications soit venu. - p****n, vous êtes pire qu'une bonne femme ! Vous ne pouviez pas la fermer jusqu'au moment du petit déjeuner ? marmonnai-je en me levant. Non seulement il perturbait ma nuit, mais en plus, il occupait déjà ma matinée ! Je l'avoue, j'avais encore une fois rêvé de lui avec cette fichue chaussette de Noël. Et si j'atais grincheuse, c'est parce qu'il benait de me gâcher mon trip. Mais qu'est-ce qui n'allait pas avec moi? - Je suis certain que vous vous en sortirez, mais si vous avez besoin d'une aide quelconque, vous avez désormais mon numéro. Une chaussette ! faillis-je réclamer. Bien heureusement, je me repris à temps. Il ne m'aurait pas comprise, de toute façon.Restant digne, je me reconcentrai sur notre conversation. - C'est ça, ironisai-je. - Je suis très sérieux, miss, quoi que ce soit, appelez-moi ! Je raccrochai sans prendre le temps de lui répondre. Son intonation laissait penser qu'il s'agissait de son point de vue d'un ordre plutôt que d'une suggestion. Quand comprendrait-il que je n'étais pas une louve ? Je voulais juste qu'il me fiche la paix. Apparemment, c'était trop demander.J'eus à peine le temps de me glisser hors de mon lit que Dimitry frappait déjà à la porte. Je descendis lentement l'escalier à la vitesse d'un condamné à mort se rendant à l'échafaud. Treize ans que je repoussais ce moment. J'aurais préféré qu'il n'ait jamais lieu. Quand finalement, j'ouvris la porte, c'est un Dimitry à la limite de la transformation que je trouvai sur mon palier. Il leva la tête face à moi et plongea son regard dans le mien. Deux billes d'un rouge profond m'épinglèrent et je sus sans l'ombre d'un doute qu'il se délectait de ce qu'il pourrait bien me faire. Et il était plus que probable qu'un démembrement était au programme. Ma prochaine réaction serait vitale. S'il venait à me considérer comme une proie ou à flairer ma peur, mon existence prendrait fin ici et maintenant.Je gonflai ma poitrine et fis un pas tout en le fixant comme un moins que rien. J'affichai clairement mon mépris et le toisai. Ce n'était pas facile, car Dimitry était beaucoup plus grand que moi et je devais lever la tête afin de pouvoir l'observer.Je ne dis rien et gardai ma position. Je me sentais comme Gandalf quand il crie à Balrog : « Vous ne passerez pas ! »Même prestance. J'espérais juste ne pas finir au fond du gouffre. Mes efforts portèrent leurs fruits quand je le vis reculer avant de se transformer et de courir vers les bois.J'étais loin de ressentir l'assurance affichée. Quand je fus certaine qu'il était parti, je refermai la porte et les jambes flageolantes, je m'effondrai, la respiration soudain irrégulière et bruyante.Au bout de plusieurs minutes, je réussis à me relever. Je trottinai vers mon téléphone et composai le numéro de l'alpha. Il répondit sans qu'il y ait de tonalité. Je n'aurais jamais imaginé lui demander de l'aide, mais je supposais que Dimitry allait devenir un problème. En temps normal, je n'aurais pas rechigné à abattre un loup, surtout lui, mais comment allais-je expliquer ça à mes filles ? La complexité de la chose résidait dans le fait que je n'avais pas l'habitude de demander de l'aide, alors quand Vladimir prononça mon nom de sa voix grave, je ne sus pas quoi lui répondre et je restai donc muette. - Jones, nom de Dieu, est-ce que vous allez bien ? Son timbre inquiet me surprit, je balbutiai faiblement. - Oui, non, peut-être. - Vous m'en voyez soulagé. Au moins, vous parlez. - Dimitry est au bord de la frénésie, nous n'avons pas parlé, j'ai su me montrer assez convaincante pour qu'il fasse demi-tour, mais je ne prendrai pas le risque d'être prise encore une fois au dépourvu. Et s'il représente un quelconque risque pour ma famille, je ferai ce qui s'impose. Il jura, je l'entendis poser le téléphone, puis plus rien. J'allais raccrocher quand il reprit : - Je m'en occupe. Quand vos filles devraient-elles arriver ? - Bientôt. - Si vous voulez voir où elles passeront le plus clair de leur temps, je vous invite sur le territoire de la meute. Notre établissement scolaire est le plus réputé de l'État. Je vous y attends dans une heure. Il raccrocha sans que je n'aie eu le temps de répondre, ce qui confirmait ma première impression : il n'avait pas l'habitude qu'on lui tienne tête. J'eus, pendant quelques secondes, pitié de lui. Le pauvre homme ne savait pas sur quelle épine il venait de marcher. Je n'avais aucune intention de lui obéir bien entendu. Je m'assis et soufflai un coup avant d'exploser de rire. Mes nerfs venaient de lâcher.
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