Kim prend Yanou par la main et entre avec lui. Lindsay retourne à la cuisine et continue de préparer un jus de fruits pour son invité. L’ambiance est assez conviviale entre les trois amis. Les deux sœurs sont extrêmement ravies d’avoir leur vieil ami dans leur résidence. Kimberly observe la tenue de Yanou. En effet, il porte la tenue de la police.
Kim : « c’est drôle, on dirait Casanova »
Lindsay (éclate de rire) : « tu m’enlèves les mots de la bouche, Kim »
Yanou : « ah…ne commence pas hein, Kim. Je suis un policier maintenant »
Kim : « mais tu as l’air d’un Casanova. Au fait, où est-il ? »
Yanou : « il est toujours ici »
Lindsay (apporte trois verres et les pose sur une table) : « et il a pris du galon,
sérieusement. Ici, à Washington, c’est vraiment plus évolué »
Kim : « j’ai hâte de le revoir »
Yanou : « c’est ça ! Bien-sûr ! »
Lindsay (à Yanou) : « dis, tu iras chez Ping aujourd’hui n’est-ce pas ? »
Yanou : « oui. Je devrais normalement y aller avec Casanova… »
Kim : « quoi ? »
Yanou (à Kim) : « eh ! Calme-toi, d’accord ? »
Kim : « je veux voir Casanova »
Lindsay (à Kim) : « tu n’as pas bientôt fini de geindre ? Si tu veux, on l’invitera ici »
Kim : « tu es sûre de cela ? »
Lindsay : « oui »
Yanou (à Lindsay) : « comme je disais, c’est avec lui que je dois y aller. Il y a quelque chose de pas normal qui se prépare et j’ai l’impression qu’il y aura d’autres morts si on ne se réunit pas »
Kim : « de quoi tu parles, Yanou ? »
Lindsay : « Kim, il y a peut-être une autre menace, mais cette fois ici »
Kim : « d’autres sectes ? »
Yanou : « pire que cela »
Lindsay : « pire… »
Yanou : « ce truc que j’ai vu n’était pas visible à l’œil nu. Il se déplaçait vite, on dirait Kim. Heureusement que je ne l’ai pas laissé me toucher. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé »
Kim : « tu as été attaqué ? »
Lindsay : « Yanou, il vaudrait mieux que ce ne soit pas si grave. Il y a déjà assez de questions à se poser sur la mort de Martin et la nature de la chose qui l’a attaqué »
Yanou : « il y a quelque chose de très bizarre qui se prépare et j’ai peur pour la tournure des évènements »
Kim : « pourquoi vous ne m’en avez pas parlé plus tôt ? »
Yanou : « eh bien, c’est ce que je suis en train de faire non ? Kim, on aura besoin de l’équipe au grand complet. Sinon, tout ce qu’El a fait pour entrainer n’aura servi à rien »
Kim : « El…elle est revenue ? »
Yanou : « non, elle ne reviendra jamais. Elle nous a laissés parce qu’elle a terminé sa mission »
Lindsay : « nous sommes désormais ceux qui restent pour défendre ce qu’El défendait jadis »
Yanou : « Kim, nous aurons besoin de tout le monde. Même de Cornelius »
Kim : « on va revoir Cornelius ? »
Lindsay pense : (est-ce que Kim acceptera de venir avec moi à Saint-Louis ?)
Yanou : « oui, on va le revoir, il est des nôtres, tu comprends ? »
Kim réfléchit pendant quelques secondes sous le regard craintif de sa sœur. Puis, elle réagit d’une manière tout à fait inattendue de la part de Lindsay.
Kim (saute de joie) : « super !!! C’était presque mon ami »
Yanou : « toi ? Amie…de…Cornelius ? »
Kim : « j’ai hâte de le revoir »
Yanou (à Lindsay) : « ta sœur a vraiment des goûts bizarres en ce qui concerne ses amis »
Lindsay : « ah…ferme-la avant qu’elle ne change d’avis »
Les trois amis continuent d’échanger et de rire ensemble. Ursula est dans le taxi depuis quelques minutes déjà. Le véhicule avançait normalement, puis s’arrête brusquement. Le chauffeur tente de le redémarrer, mais en vain.
Ursula : « un problème ? »
Chauffeur : « je n’en sais rien madame. Le radiateur n’est pas vide et le tableau de bord montre bien que le véhicule n’est pas encore à sec. Je vais descendre pour voir ce qui se passe. Ne vous inquiétez pas »
Le chauffeur ouvre la portière et descend de la voiture. Ursula le suit du regard et se penche vers la fenêtre pour regarder s’il n’y a pas de crevaison. Mais la voiture est apparemment en bon état. Mais que se passe-t-il ? Le chauffeur va à l’avant du véhicule et ouvre le capot. Il regarde et contrôle le radiateur. Ensuite, il vérifie que rien n’est anormal. Ursula, qui le regardait par la fenêtre de l’une des portières, ramène ses yeux dans le véhicule. Coup de théâtre ! Elle aperçoit Eugène près d’elle, ce qui la fait sursauter. Mais Eugène pose son doigt sur ses lèvres pour lui demander de garder le silence. Elle garde certes le silence, mais ressent une peur
indescriptible l’envahir.
Eugène (lui remet un ordinateur portable) : « il semblerait que vous ayez perdu ceci quelque part. Je voulais vous le remettre »
C’est avec une grosse frayeur qu’Ursula prend l’ordinateur des mains d’Eugène. Le chauffeur referme le capot de la voiture et revient. Ursula détourne son regard d’Eugène pour voir où se trouve le chauffeur. Celui-ci approche, s’assied et démarre. Le véhicule se met en
marche normalement. Il se tourne vers Ursula et lui sourit. Quant à cette dernière, elle jette un coup d’œil près d’elle, mais Eugène ne se trouve plus près d’elle. Il a complètement disparu,
mais l’ordinateur est toujours entre les mains de la jeune femme.
Chauffeur : « est-ce que ça va ? Vous avez l’air toute effrayée »
Ursula : « je n’en sais rien. Je ne comprends vraiment pas ce qui s’est passé »
Chauffeur : « ne vous en faites donc pas, la voiture fait parfois des caprices. Il faut juste s’y habituer et toujours trouver des solutions »
Ursula lui adresse un sourire masqué. Bien entendu, elle ne parlait pas du
dysfonctionnement mystérieux de la voiture, mais expliquer cela au chauffeur ne faisait pas partir des objectifs de la journée. C’est ainsi que le chauffeur continue son chemin avec sa cliente. Pendant que le véhicule s’éloigne, Eugène se tient près de la route, à quelques mètres de là. Il regarde le taxi en mouvement.
Eugène pense : (la réussite de notre projet dépend entièrement du succès du vôtre. Alors pour le moment, je veillerai personnellement à ce que votre stupidité devienne célébrité. Ensuite, le sort de l’humanité pâtira)
Une fois arrivée à destination, Ursula paye le conducteur et descend du véhicule. Ensuite, elle rentre chez elle. A peine ouvre-t-elle la porte de son appartement qu’elle prend son téléphone et appelle immédiatement son assistant. Celui-ci s’est rendu dans un bar où il
essaie de mettre ses soucis au fond de la mer d’alcool qu’il engloutit en accumulant les bouteilles. Il est à moitié ivre lorsqu’il décroche le téléphone.
Atticus : « allô ? »
Ursula : « euh... Atticus. C’est quoi, cette voix ? »
Atticus : « si tu savais ce que j’ai vu, tu comprendrais pourquoi je dois essayer de décompresser un peu »
Ursula : « si seulement tu savais ce que j’ai vu aujourd’hui, moi aussi… »
Atticus : « ah bon ? »
Ursula : « je voulais te dire que j’ai récupéré l’ordinateur portable que tu as perdu »
Atticus (bondit de sa chaise) : « quoi ? »
Ursula : « c’est une histoire assez bizarre »
Atticus (pose sa bouteille sur la table) : « quoi ? Comment ? »
Ursula : « tu risques de ne pas me croire. J’étais dans un taxi, Eugène est venu me le remettre »
Atticus : « qui ? »
Ursula : « Eugène »
Atticus : « comment a-t-il eu cette machine ? »
Ursula : « c’est très bizarre. Mais quoiqu’il en soit, je te conseille de tout faire pour ne pas te mettre en danger. J’ai l’impression que nous avons des ennemis qui attendent de nous
trucider à la moindre occasion. Fais attention à toi, d’accord ? »
Atticus : « d’accord, ne t’en fais pas »
Atticus pose son téléphone sur la table, près de sa bouteille d’alcool. Puis il s’assied à nouveau. Quant à Ursula, elle verrouille la porte de son appartement et se munie d’un couteau pour se défendre. Ensuite, elle ouvre son plat à emporter et commence à manger. La nuit passa sans évènement majeur. Le lendemain, à la gare ferroviaire, Yanou est rejoint par Lindsay et Kimberly. Il est juste venu pour les accompagner.
Kimberly : « hey, Yanou ! Que fais-tu ici ? Tu viens avec nous, toi aussi ? »
Yanou : « non, je suis juste venu pour m’assurer qu’il n’y a pas de soucis et que vous partirez à Saint-Louis »
Lindsay : « c’est sympathique de ta part ! »
Kimberly : « je me demande à quoi ressemble Cornélius maintenant, il a vieilli ? »
Lindsay : « ne sois pas sotte, c’est un immortel »
Yanou (à Lindsay) : « Lindsay, évite de parler de ce genre de choses ici, ce ne sont pas des réalités que tout le monde côtoie »
Lindsay : « oups, désolée »
Le régisseur descend du train et dit : « passagers à bord, départ dans cinq minutes »
Yanou : « ah d’accord. Allez, montez. Vous lui adresserez un bonjour de ma part »
Kimberly : « je vais surtout lui dire que tu es devenu un policier comme Casanova »
Lindsay (monte dans le wagon) : « un drôle de policier »
Kimberly monte, elle aussi. Aussitôt, le wagon se referme. Yanou attend patiemment que le train soit complètement verrouillé et qu’il s’éloigne de la gare. Ensuite, il retourne vers la route et se dirige vers le bureau de Casanova. C’est alors qu’il trouve celui-ci à l’entrée de l’immeuble.
Casanova : « tiens, Yanou ! Quel bon vent t’amène ? »
Yanou : « je suis venu te dire que j’ai pu convaincre Kim pour qu’elle accompagne sa grande sœur à Saint-Louis »
Casanova : « tu n’y es pas allé aussi ? »
Yanou : « tu te doutes bien que non »
Casanova : « c’est vrai, ce n’est pas ce qu’on s’était dit »
Yanou : « voilà »
Casanova : « et sinon, il y a du nouveau ? »
Yanou : « j’ai fait examiner la mystérieuse substance que je suis le seul à voir »
Casanova : « et ? Tu as pu trouver quelque chose, rassure-moi »
Yanou : « rien du tout, ou plutôt, rien qui a pu être analysé normalement »
Casanova : « mince ! »
Yanou : « je la vois clairement, mais même au microscope, les scientifiques n’ont rien vu. Ils l’ont fait passer au rayons X, mais rien non plus »
Casanova : « ce truc-là risque d’être un problème pour nous. Nous n’avons pas la même capacité que toi »
Yanou : « il va falloir être prudent si jamais on se retrouve confronté à ce genre de créature. Je t’assure que je ne sais pas encore moi-même ce que c’était »
Casanova : « nous verrons bien de quoi il s’agit le moment venu… »
Alors que les deux hommes discutaient encore au niveau de l’entrée du service de police, un homme s’approche d’eux, il a l’air apeuré, c’est Atticus. Il s’approche des deux hommes pour leur parler.
Atticus : « euh…excusez-moi messieurs »
Casanova (à Atticus) : « mais…je vous reconnais, vous êtes l’assistant de cette
femme…Ursula Ill, c’est bien cela non ? »
Atticus : « c’est exact… »
Casanova : « que puis-je pour vous ? »
Atticus regarde d’abord Yanou, comme pour chercher à l’éloigner avant de dire ce qu’il a à dire, mais Casanova qui observe comprend assez rapidement.