De son côté, Casanova est loin d’avoir l’esprit tranquille à cause de ce que lui a dit
Yanou tout à l’heure. Néanmoins, il est rassuré de savoir que les deux scientifiques sont encore
en vie, même s’il sait que son appartement n’est plus assez sécurisé pour eux. Demander à des
agents de sécurité de veiller sur eux ne servirait à rien, vu le niveau anormal que les ennemis
ont, ce serait du pur suicide pour tous ceux qui décideraient de se lancer dans une entreprise
pareille. Casanova fait les cent pas dans son bureau, il est en train de réfléchir à une autre
solution. Mais il ne trouve rien pour le moment. Il est environ 14 heures lorsqu’il prend la
décision de sortir de son bureau. Il se rend dans un institut universitaire dans lequel Ping
travaille en tant qu’enseignant. Alors qu’il sort du bâtiment du commissariat, il descend les
marches lorsqu’il reçoit un appel de Lindsay. Cet appel contribue à le faire sourire, peut-être un
peu trop tôt d’ailleurs. Il s’empresse tout de même de décrocher.
Casanova : « Lindsay, tu n’imagines même pas à quel point je suis heureux de voir ton
appel »
Lindsay : « ah bon ? Vous ne devriez pas trop vous emballer »
Casanova : « pourquoi est-ce que tu parles comme cela ? »
Lindsay soupire. Casanova s’inquiète.
Casanova : « où est Kim ? »
Lindsay : « eh bien… »
Casanova : « Lindsay !!! Que s’est-il passé à Saint-Louis ? »
Lindsay : « elle est restée à Saint-Louis »
Casanova : « pourquoi ? »
Lindsay : « elle est restée avec Cornelius. Il avait quelque chose d’urgent à faire. Elle a
décidé de rester là-bas et reviendra avec lui ici »
Casanova (respire un peu) : « tu m’as fait peur. J’ai vraiment cru que quelque chose de
grave était arrivé. C’est vraiment la dernière chose que je voudrais entendre »
Lindsay : « les nouvelles ne sont pas bonnes ? »
Casanova : « pas vraiment. Je viens d’apprendre que Yanou s’est fait attaquer par les
loups-garous qui nous avaient attaqués chez Ursula Ill. Sauf que là, il était tout seul »
Lindsay : « quoi ? Il va bien ? »
Casanova : « il a la peau dure. J’ignore encore comment il s’en est sorti, mais je dois me
rendre à l’évidence, mon appartement n’est plus un endroit sécurisé pour madame Ill et son
assistant »
Lindsay : « heureusement que je suis déjà ici. Dites-moi où ils sont, je vais les rejoindre
de ce pas »
Casanova : « je t’envoie l’adresse de mon domaine privé par message. J’ai une petite
course à faire avant de rentrer. A bientôt »
Lindsay : « d’accord, faites attention »
Casanova raccroche. Ensuite, il envoie son adresse par messagerie privée au numéro de
Lindsay. Puis, il se dirige vers sa voiture, il ouvre la portière, entre et se met en route pour
l’institut universitaire. Quelques minutes plus tard, il est déjà sur l’autoroute. Il roule à vitesse
normale, entre 40 et 50 km/h. Soudain, son véhicule se met à accélérer. Lorsque Casanova
constate qu’il va trop vite, il consulte le cadran à l’intérieur de la voiture, il remarque avec
stupéfaction qu’il est à 100 km/h. Le plus curieux est le fait que le véhicule a légèrement gagné
en vitesse, mais ne se déplace pas comme l’indique la vitesse indiquée sur le cadran. Intrigué,
Casanova lâche la pédale d’accélération et appuie sur la pédale de frein, mais celle-ci ne
fonctionne pas. Le véhicule continue de rouler à vitesse constante. Casanova essaie de garder
son calme face à cette situation qu’il comprend à peine. Son véhicule a complètement échappé
à son contrôle et il ne sait pas quoi faire pour y remédier. Il lève les yeux et regarde à travers le
rétroviseur qui se trouve à l’intérieur du véhicule pour vérifier qu’il ne gêne pas la circulation,
c’est alors qu’il se rend compte qu’il n’est pas seul dans son véhicule. Eugène se trouve à
l’intérieur et le fixe du regard. Casanova se sent en danger face à ce type. Discrètement, il met
la main sur l’étui où se trouve son arme à feu, mais au même moment, son véhicule accélère
mystérieusement à tel point qu’il est obligé de mettre ses deux mains sur le volant pour éviter
que son véhicule ne fonce dans le décor. Dès qu’il pose ses deux mains sur le volant, le véhicule
retourne à la vitesse constante, mais au lieu de 100 km/h, le cadran indique désormais 200 km/h.
Casanova a du mal à quitter Eugène des yeux, d’autant plus qu’il doit garder aussi les yeux sur
la route.
Casanova : « mais qu’est-ce que vous voulez à la fin ? »
Eugène : « je vous ai vu chercher votre arme, vous savez ? Si jamais vous recommencez
cela, vous allez vous croire dans un jeu de course sur cette autoroute »
Casanova : « que voulez-vous ? »
Eugène : « je suis là pour vous demander quelque chose »
Casanova : « allez-y, dépêchez-vous et libérez mon véhicule de vos ondes néfastes »
Eugène : « très flatteur à ce que je vois. Ma question, la voici : pourquoi Ursula Ill est
chez vous ? »
Casanova : « il faut que je la protège de malades mentaux qui vous ressemblent, vous
voyez le genre ? »
Eugène (sourit) : « estimez-vous heureux que je garde tout de même un œil sur elle et
sur vous. Autrement, ces créatures réussiront à vous éplucher le corps comme une vulgaire
banane. Vous êtes bien trop faible pour affronter des ennemis de ce genre »
Casanova : « je suis touché par votre bienveillance apparente, mais je n’ai pas besoin de
vous pour veiller sur cette femme et son assistant »
Eugène : « je crois que je me suis mal fait comprendre, je ne vous demande pas votre
avis. Cette femme est très importante pour nous pour l’instant. Il est hors de question que je la
laisse à de simples humains dépourvus de quoi que ce soit d’utile »
Casanova : « si vous avez terminé vos jérémiades, dégagez de mon véhicule »
Eugène : « vous allez finir par m’énerver à force de me lancer des injures de ce genre »
Après avoir dit cela, le véhicule de Casanova gagne en vitesse sur l’autoroute. Il atteint
progressivement une vitesse à la limite du contrôlable. Casanova essaie d’éviter les autres
véhicules autant qu’il peut. Mais, le véhicule ne cesse de gagner en vitesse, à tel point qu’il est
difficile pour Casanova de manipuler son propre volant. Il appuie sur la pédale de frein, mais
cela n’a toujours aucun effet. Mais Casanova n’est pas au bout de ses peines, le véhicule est à
une centaine de mètres d’un gros engin qui se trouve juste devant lui sur l’autoroute. La voiture
fonce à toute vitesse sur le gros engin, Casanova utilise le volant pour l’éviter mais rien ne
marche. Pendant que le véhicule se rapproche inexorablement de l’engin lourd, Casanova
observe Eugène, il est tout souriant à l’arrière et ne cesse de regarder Casanova.
Eugène : « comment osez-vous m’insulter, être insignifiant ? Non content de bénéficier
de mon aide, vous osez faire preuve d’impertinence à mon égard ? »
Casanova (panique) : « écoutez, je vous présente toutes mes excuses, ce n’est pas obligé
de finir ainsi, je vous en prie »
Eugène : « vous méritez que je fasse de vous un exemple de châtiment pour que les
autres reçoivent cela comme enseignement »
Casanova : « non, s’il vous plaît, arrêtez la voiture »
Mais les paroles de Casanova ne semblent pas avoir d’effet sur Eugène. En effet, le
véhicule continue d’accélérer et va droit sur l’engin lourd. Casanova est en train de voir la fin
arriver, il se sent impuissant. Le véhicule est à 2 mètres du camion, la collision est inéluctable
à cette distance et à cette vitesse. Casanova ferme les yeux pour rencontrer la mort. Quelques
secondes plus tard, il est surpris qu’il n’y ait pas de choc et ouvre aussitôt ses yeux. Ce qui se passe sous ses yeux le rend carrément muet. Le véhicule est en train de passer à travers l’engin
lourd. Il regarde Eugène à travers le rétroviseur. Le véhicule passe complètement à travers le
camion et continue de rouler, mais cette fois à une vitesse constante. Le cadran indique 50 km/h.
Casanova pousse une grosse expiration, son cœur bat de manière anormale. Il prend un peu de
temps pour se calmer et de réaliser la démonstration de force que vient d’exécuter Eugène sous
ses yeux.
Eugène : « j’espère que je me suis bien fait comprendre. Tant que cette femme nous sera
utile, sachez que j’interviendrai pour assurer sa sécurité. Mais, ce n’est pas une entreprise
permanente, mes objectifs pourraient changer rapidement. Lorsque ce sera le cas, je la tuerai
sans ménagement et toute personne qui s’y opposera recevra un châtiment exemplaire »
Casanova : « mais qui êtes-vous ? »
Casanova, inconsciemment, appuie sur la pédale de frein et est surpris de voir sa voiture
ralentir. Il en profite pour garer son véhicule. Il regarde à travers le rétroviseur, Eugène a
disparu. Il ouvre la portière et descend du véhicule. Il se dirige en courant vers un buisson et
vomit abondamment, tellement l’expérience qu’il vient de vivre lui a retourné l’estomac. Il
rejette tout ce qui se trouve à l’intérieur de son ventre.
Casanova réfléchit : (mince ! Qu’est-ce qui se passe dans cette ville à la fin ? Qui sont
ces ennemis dont le pouvoir semble si grand, bien au-delà de ce que nous avons déjà affronté
jusqu’ici ? Quelles sont les solutions possibles à adopter face à eux ? Autant de questions
auxquelles je ne parviens même à trouver de réponses, c’est rageant).
Après avoir récupéré un peu, Casanova retourne à sa voiture et poursuit son chemin.
Mais cette fois-ci, il décide de conduire avec son arme hors de l’étui.
Du côté de chez Casanova ou plutôt dans sa maison, Ursula et Atticus ont carrément
perdu le sommeil. Ils sont fatigués mais n’ont pas envie de fermer les yeux. Ils sont trop
traumatisés par ce qui leur est arrivé il y a quelques minutes. Yanou se rend bien compte de
l’effet qu’a eu l’incident de tout à l’heure sur les deux scientifiques.
Yanou : « il faut vous reposer, d’accord ? Vous n’avez plus à avoir peur, vos assaillants
sont partis »
Atticus : « non, c’est faux. Ils peuvent revenir à tout moment. Ils ne sont même pas
humains, ces gens-là. La seule chose que nous pouvons faire, c’est d’avoir peur parce que tôt
ou tard, ils vont finir par nous tuer »
Ursula : « tout cela pourquoi ? Je l’ignore, mais on dirait qu’ils en ont principalement
après moi »
Yanou : « je ne laisserai personne s’en prendre à vous. Cependant, il est important que
vous le sachiez, cette maison n’est plus sécurisée pour vous. Il vous faut un autre endroit où
vous pourrez vous sentir tranquilles »
Ursula : « je suis d’accord »
Atticus : « mais vous ne comprenez absolument rien, peu importe où nous irons, ces
créatures vont nous poursuivre, elles continueront de nous traquer »
A cet instant, quelqu’un frappe à la porte. Ursula et Atticus gardent soudain le silence
et lancent un regard apeuré sur Yanou. Celui-ci utilise sa vision pour voir à travers la porte. Il
sourit et se dirige vers la porte pour l’ouvrir. Voyant cela, Atticus bondit de sa chaise et tente
de l’en empêcher.
Atticus : « vous ne devriez pas ouvrir, ce sont peut-être ces gens qui reviennent une fois
de plus »
Yanou (d’un ton rassurant) : « mais non, ne vous en faites pas, la personne qui se trouve
de l’autre côté de cette porte est loin d’être un danger pour vous. Croyez-moi »
Ursula : « et comment pouvez-vous en être aussi sûr ? Votre instinct vous le dit ? »
Yanou va vers la porte et l’ouvre. Atticus regarde de qui il s’agit, c’est Lindsay. Elle
entre avec son sac à dos et referme la porte. Atticus retourne s’asseoir près d’Ursula.
Yanou (à Ursula) : « vous vous sentez mieux maintenant ? Comme je vous le disais, elle
n’est pas dangereuse pour vous »
Lindsay : « bonsoir madame Ill »
Ursula : « bonsoir »