Chapitre 4 : La Lueur d'un Instant

794 Words
Les jours semblent se fondre les uns dans les autres, chaque matin se levant sans rien de vraiment neuf. Pourtant, ce soir, Farah a insisté pour qu'on se retrouve toutes chez elle à nouveau. Les messages échangés dans notre groupe sont animés ; on pourrait croire que c'est pour nous une soirée ordinaire, entre amis, mais de mon côté, quelque chose semble différent. C'est peut-être la façon dont les messages de Naël continuent à apparaître, presque comme une présence rassurante et lointaine. En arrivant chez Farah, je m'aperçois que cette fois, elle a invité un nouveau groupe d'amis, parmi lesquels se trouve Ibrahima, un ancien camarade de classe à elle, et aussi Zara, une amie de longue date. On s'assied en cercle, et la soirée commence. Zara est une personne directe et extravertie, qui éclaire chaque pièce où elle entre avec son sourire lumineux. Ibrahima, lui, est plus réservé, avec un air pensif qui me rappelle étrangement certaines de mes réflexions silencieuses. > Zara : "Alors Ava, on m'a dit que tu faisais une pause dans ta formation, c'est vrai ?" Sa question m'arrache à mes pensées. D'un signe de tête, je confirme, esquivant les détails. Zara semble lire mon malaise et laisse retomber le sujet, mais je sens bien que sa curiosité est piquée. > Farah : "Zara, laisse-la respirer. Ava est là pour se détendre, pas pour une interview." On sourit toutes les deux, et Zara me lance un clin d'œil. La soirée continue entre discussions légères et rires. Ibrahima s'intègre doucement à nos échanges, sa voix calme apportant une sérénité étrange à nos conversations parfois bruyantes. > Ibrahima : "La vie a parfois un rythme difficile, mais prendre du recul, ça fait du bien. Parfois, on réalise des choses qu'on ne voyait pas." Je hoche la tête, touchée par ses mots sans vraiment savoir pourquoi. Il semble saisir des nuances qui échappent souvent aux autres, et quelque part, cela m'offre un bref répit dans mes pensées troubles. À mesure que la soirée avance, je me surprends à ressentir une lueur d'apaisement, fragile mais sincère. Les mots d'Ibrahima et la présence rassurante de mes amies créent une sorte de cocon où, pour une fois, je me sens moins isolée. Pourtant, malgré cette trêve, les questions me rattrapent dès que je me retrouve seule dans la nuit, mes pensées me plongeant dans une obscurité familière et pesante. Alors que la soirée s'étire, chacun se laisse aller à des confidences plus personnelles. Il y a un moment où Zara, dans un élan de nostalgie, commence à parler de ses propres difficultés. > Zara : "Parfois, je me demande si tout ce que je fais a un sens. Entre le boulot, la famille, et ce que les gens attendent de moi... J'ai l'impression d'être dans une course sans fin." Son aveu résonne en moi, bien plus que je ne l'aurais cru. Il y a cette impression étrange que, malgré nos différences, elle et moi partageons des angoisses similaires. > Anta : "Mais t'as toujours l'air tellement en contrôle, Zara. C'est surprenant d'entendre ça de toi." > Zara : "Peut-être que c'est justement parce que je fais semblant de toujours tout contrôler. Ça évite les questions." Cette dernière phrase laisse planer un silence, chacun perdu dans ses pensées. De l'autre côté du salon, Ibrahima prend la parole, et je remarque qu'il m'observe, presque discrètement. > Ibrahima : "Je pense qu'on porte tous des masques. Et plus le temps passe, plus c'est difficile de les enlever. C'est comme si notre vrai visage finissait par s'effacer." Ses mots m'ébranlent. En cet instant, c'est comme s'il avait mis le doigt sur quelque chose que je ressens depuis longtemps. Je détourne le regard, évitant de croiser son regard perçant. Quelque chose chez lui me trouble, une sorte de compréhension silencieuse que je n'ai pas l'habitude de voir. > Farah : "Oh là là, ça devient intense ici ! On dirait une réunion de soutien émotionnel." Elle dit cela en plaisantant, mais je ressens un poids dans l'air, quelque chose d'invisible mais palpable. > Moi : "Peut-être que c'est ce dont on a tous besoin, parfois..." Je murmure cette phrase sans vraiment m'adresser à quelqu'un en particulier. Le silence qui suit est comme une couverture, nous enveloppant tous d'une chaleur étrange, mêlée de réconfort et de mélancolie. Alors que la soirée touche à sa fin, je me retrouve sur le chemin du retour, repensant à Ibrahima, à Zara, et même à Naël, qui semble toujours apparaître au moment où je m'y attends le moins. Un message de sa part s'affiche sur mon écran, un simple : > Naël : "J'espère que ta soirée s'est bien passée. T'es pas seule." Ces mots m'accompagnent jusqu'à chez moi, comme une lueur dans la nuit.
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