La beauté Un vieillard contemple le couchant rubis sur le Tigre. Il est agenouillé sur une des rives et sait son heure venue. Dépouillé de tout, même de ses vêtements, il chante sans pouvoir s’accompagner d’un instrument. Un regret ? Non. Il a depuis longtemps donné son santour, avec lequel, lors des veillées suivant les repas dans les cercles soufis, les sens développés jusqu’à la sensualité, parfumé de propreté et d’encens, il avait joué, parfois jusqu’à l’extase. Dans sa solitude, avec ses yeux d’amoureux, il avait vu la beauté dans l’humain, l’animal, le végétal, le minéral, la vie, la mort et la laideur. Il avait cultivé la douceur et l’indulgence, dans ses rapports, son travail et ses partages, auprès du peuple comme des seigneurs. Dans son émerveillement, satisfait et plein de grat

