Chapitre 19

1458 Words
Mourad s’approcha, mais Zaynab recula, furieuse. — Mon intention n’avait rien de malsain, répondit-il, d’un ton plus autoritaire. — Si, justement ! Tu fais exprès ! Tu fais tout pour m’énerver ! — Arrête de faire tout un plat pour rien. Détends-toi. Mais ces mots l’embrasèrent davantage. Elle se sentait insultée, humiliée. — Tu ne me respectes pas. — Toi non plus, tu te respectes pas. Alors ferme-la maintenant. Zaynab resta figée, le souffle court. Elle n’arrivait pas à croire ce qu’il venait de dire. — Je veux rentrer, murmura-t-elle. — Non. Avant qu’elle ne puisse répliquer, on frappa à la porte. Mourad ouvrit. Un employé livrait leur dîner. L’homme repartit rapidement, et Mourad referma calmement. — Viens manger, dit-il. — Je veux ni manger ni rien faire, cracha-t-elle, toujours debout, figée de colère. — Arrête ce cinéma, Zaynab. Je veux pas m’énerver. Elle s’assit sur le bord du lit, hébétée. Loin d’elle l’idée de céder à cette situation. Elle se sentait dépassée, piégée. Pendant ce temps, Mourad s’installa et commença à dîner, sans la quitter des yeux. Il mâchait lentement, comme si rien ne s’était passé. — On devrait apprendre à se connaître, dit-il au bout d’un moment. — J’ai pas besoin de te connaître. T’es juste un pervers. Il esquissa un sourire. Presque amusé. Zaynab, écœurée, le fixait avec rage. — T’as trois autres prétendantes. Et pourtant, fallait que ce soit moi ici. Pourquoi ?! — Parce que c’est ta chance, répondit-il sans sourciller. Elle serra les poings. — Jennah aurait adoré être ici. Lina aussi. Même Khoudia, qui était accrochée à toi tout à l’heure. Elles, elles auraient été contentes. Mourad se leva lentement. Zaynab fit de même, sur la défensive. — Tu as raison, répondit-il en avançant vers elle. Elles auraient toutes voulu être là. Mais moi, j’ai choisi d’être ici avec toi. Il la regardait droit dans les yeux. Intense. Imperturbable. Ça la déstabilisait. Son regard la brûlait. — N’approche pas de moi, avertit-elle, reculant. Mais il continua d’avancer. Zaynab recula encore, jusqu’à ce que l’arrière de ses genoux touche le lit. Elle perdit l’équilibre et tomba en arrière. Mourad se pencha aussitôt sur elle, la maintenant doucement mais fermement. — Qu’est-ce que tu fais ? souffla-t-elle, le cœur battant. Il ne répondit pas. Son visage se rapprocha du sien. Zaynab tourna la tête. Il sourit, doucement. — Tu sais ce que tu veux, Zaynab. — Et c’est quoi, selon toi ? répondit-elle, la voix tremblante. Il ne répondit pas. Il l’embrassa. Un b****r lent. Sensuel. Sûr. Zaynab était paralysée. Choquée. Mais une chaleur étrange montait en elle. Elle ne savait plus si elle devait le repousser ou céder. Puis, brusquement, elle le repoussa. — Arrête, murmura-t-elle. Mais Mourad était plus fort. Il l’embrassa encore. Et cette fois, elle ne bougea pas. Elle se laissa faire. Leur b****r devint plus sauvage, plus brûlant, comme si quelque chose en eux avait attendu ce moment avec une rage silencieuse. — Tu sais, t’es vraiment belle… et terriblement sexy. Zaynab ne savait plus où elle en était. Son souffle était saccadé, ses pensées confuses. Le poids de Mourad sur elle, ses lèvres sur les siennes, ses mains brûlantes encadrant son visage… C’était trop. Beaucoup trop. Mais une voix, enfouie en elle, criait. Ce n’était pas comme ça que les choses devaient se passer. Dans un ultime sursaut de lucidité, elle le repoussa, cette fois avec plus de force. Mourad recula légèrement. Il la fixa, surpris, mais pas fâché. — Éloigne-toi, murmura-t-elle sans croiser son regard. Il ne répondit rien. Au lieu de ça, un sourire étira lentement ses lèvres et il déposa un b****r sur son cou. Zaynab ferma les yeux, en proie à un tourbillon intérieur. Elle voulait lui dire d’arrêter, elle le murmurait d’ailleurs, mais c’était comme si son corps ne lui obéissait plus. Ses mains s’étaient accrochées aux draps, sa respiration haletait. Mourad continua. Ses baisers s’attardèrent sur sa peau, ses caresses devinrent plus osées. Il déboutonna sa robe lentement, laissant sa poitrine à découvert. Zaynab ne réagissait plus. Comme paralysée, déconnectée du monde extérieur. Mais lorsque ses mains commencèrent à explorer ses cuisses, un électrochoc la traversa. Elle posa ses deux mains contre son torse et le repoussa, cette fois sans équivoque. — Non, dit-elle, plus fermement. Mourad se releva immédiatement. Il se redressa, la mâchoire contractée. — J’allais faire une bêtise, dit-il d’un ton grave. Zaynab ne répondit pas. Elle se redressa à son tour, remit les boutons de sa robe et évita son regard. — On est vraiment bizarres, souffla-t-elle. — J’ai bu une soupe que Lina a préparée… Après ça, j’me suis senti bizarre. Elle se tourna brusquement vers lui. — Tu es excité parce que Lina a mis quelque chose dans ta soupe ? Et t’as bu ça sans rien dire, en sachant très bien le genre de boutique qu’elle tient ? Mourad haussa les épaules, toujours d’un ton autoritaire mais calme : — Je voulais pas la vexer. C’est la deuxième fois qu’elle me fait à manger. J’allais pas tout gâcher. — Continue comme ça et elle finira par t’envoûter, dit Zaynab, agacée. Elle secoua la tête et reprit : — Je veux rentrer. Je veux pas rester ici. Encore moins après ce que tu viens de me dire. — La soirée ne fait que commencer, répliqua-t-il en la fixant. — J’veux pas. Surtout pas dans une chambre d’hôtel où t’étais à deux doigts de… Elle s’interrompit, gênée. Mourad haussa un sourcil, son regard perçant la transperça. — De quoi ? Vas-y, dis-le. J’étais à deux doigts de te b****r, c’est ça ? Zaynab tourna la tête, rouge de colère et de gêne. — C’est exactement pour ça que je veux pas rester. Tu me parles mal, tu me traites différemment des autres. Tu fais pas ça avec Jennah, ni Lina, ni Khoudia. Il se dirigea tranquillement vers le canapé, s’installa et commença à manger. — Parce que t’es pas comme elles, Zaynab. — Ça, c’est sûr, répondit-elle froidement. Mais j’veux rentrer. Il leva les yeux vers elle, un brin amusé, un brin provocateur. — Fais comme tu veux. Moi je mange. Tu peux rester là, debout, à me fixer… ou t’asseoir et manger. Tu choisis. Zaynab resta figée un instant, tiraillée. Son estomac criait famine, mais son cœur était en guerre. Elle se demandait si elle allait pouvoir survivre à cette nuit… sans exploser. Zaynab fixait Mourad en train de manger, et chaque bouchée qu’il portait à sa bouche réveillait un peu plus sa propre faim. Son ventre grondait, et malgré sa fierté, elle finit par lâcher prise. Sans un mot, elle vint s’asseoir à côté de lui sur le canapé et commença à manger. Le silence qui régnait entre eux était lourd, mais il avait quelque chose d’étrangement apaisant. Une fois rassasiée, elle posa ses couverts, puis se tourna vers lui. — C’est bon, maintenant je veux rentrer. Mourad, adossé nonchalamment, la fixa calmement. — Avec les autres, j’ai pris le temps d’apprendre à les connaître. Même si je te connais un peu, j’ai envie d’en savoir plus sur toi aussi. Zaynab haussa un sourcil, cynique. — Pourquoi faire ? Tu sais très bien que tu ne vas pas me choisir. Il ne se démonta pas. — Peut-être. Mais j’veux quand même te connaître. Un silence, puis il planta son regard dans le sien. — Dis-moi… qu’est-ce que tu attends d’un homme ? Zaynab ricana. — On dirait un gamin qui me drague à la sortie de l’école. J’me croirais en primaire. Mourad sourit… un instant. Puis son expression changea. Son regard devint plus sombre, plus intense. — Quand je vais te prendre sauvagement sur ce lit, tu verras que t’es pas en primaire, Zaynab. Elle le fixa, choquée. Il l’avait dit d’un ton si brut, si froid, comme une évidence. — Pourquoi t’es comme ça avec moi ? Pourquoi tu ramènes tout au s**e ? lança-t-elle, visiblement blessée. — Parce que c’est ce qui m’intéresse chez toi, répondit-il sans détour. Zaynab sentit son estomac se nouer. Elle était à bout. Ses yeux trahissaient un mélange de colère, de fierté blessée et d’incompréhension. À ce moment-là, le téléphone de Mourad vibra. Il lut rapidement un message. — Je dois aller en réunion, dit-il en se levant. — Bonne nouvelle, souffla-t-elle. Quelqu’un peut me ramener à la villa ? — Non, y’a personne. Tu m’attends ici. — Je t’attends rien du tout, murmura-t-elle entre ses dents. Mais il n’écoutait déjà plus. Il attrapa, son téléphone, et sortit sans se retourner. Zaynab se retrouva seule dans cette immense chambre. D’abord contrariée, elle se leva, fit quelques pas… puis se rendit compte qu’elle y était plutôt bien. Le calme, l’élégance du lieu, la vue… Elle souffla. A suivre
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