Instinctivement, elle sortit son téléphone. Elle se posta devant la grande glace, prit quelques photos, tourna une courte vidéo. Puis elle les publia sur Snapchat, avec quelques filtres, un fond musical et une légende piquante.
À de l'autre côté de l'hôtel, Mourad, en pleine réunion, jeta un œil furtif à ses notifications.
Il vit les stories. Il vit Zaynab poser avec assurance dans sa chambre d’hôtel. Il arqua un sourcil, légèrement amusé… mais aussi intrigué.
Et il adorait ça.
Zaynab avait fini par s’endormir, épuisée par les émotions de la veille. Elle s’était affalée sur le lit sans même s’en rendre compte, profondément endormie dans les draps satinés.
Au petit matin, elle se réveilla lentement… et sursauta en voyant Mourad assis sur le canapé, juste en face du lit. Il la regardait. Calme. Froid. Silencieux. Elle se redressa, gênée, attrapa rapidement une couverture pour se couvrir et partit sans un mot dans la salle de bain. Elle se lava le visage à grande eau, tenta de reprendre contenance… puis décida de prendre une douche.
À son retour dans la chambre, elle portait simplement un peignoir blanc. Mais ce qui l’interpella immédiatement, ce fut l’élégance des tenues posées sur le lit. Des vêtements de luxe, parfaitement agencés, des chaussures neuves, des accessoires scintillants.
Elle resta figée quelques secondes.
— J’ai fait appel à mon styliste. Il a apporté ça pour toi. Tu choisis ce que tu veux porter, annonça Mourad sans lever les yeux de son téléphone.
Zaynab le fixa, puis tourna de nouveau son regard vers les vêtements.
Il brisa le silence :
— Les autres prétendantes sont dans un salon privé. Bella Dior est là aussi. On va prendre le petit déjeuner ensemble.
Elle le fixa, surprise. L’idée d’un petit déjeuner avec les autres la prenait de court.
— Tu peux sortir ? Je vais m’habiller.
Il releva lentement la tête vers elle.
— Tôt ou tard, je te verrai de toute façon. Mais vas-y… je te laisse seule, pour cette fois.
Il sortit de la chambre.
Zaynab souffla, agacée. Cet homme l’énervait. Il la testait, la provoquait… et elle n’aimait pas perdre le contrôle.
Elle choisit finalement une robe bleu nuit à bretelles fines, cintrée à la taille, dont le tissu fluide glissait jusqu’à mi-mollet. Le haut froncé mettait discrètement en valeur sa poitrine, et la coupe élancée dessinait sa silhouette sans vulgarité. Elle l’associa à des sandales Hermès blanches, un sac Dior classique et quelques bijoux dorés assortis aux détails de la robe. Une allure chic, féminine… mais avec cette touche de provocation silencieuse que Mourad reconnaîtrait.
Une fois prête, elle ouvrit la porte de la suite. Une femme, élégamment habillée, l’attendait.
— Monsieur Al Fayed m’a demandé de vous conduire à la salle privée, dès que vous seriez prête, lui dit-elle avec un sourire professionnel.
— Je suis prête.
Elles prirent l’ascenseur, silencieusement. Zaynab s’observait dans les reflets métalliques des parois. Elle n’était pas là pour se laisser intimider.
À leur arrivée, les portes vitrées s’ouvrirent sur un salon privé raffiné, baigné de lumière naturelle. Mourad était déjà installé, entouré des trois autres prétendantes… et de Bella Dior.
Dès qu’elle entra, les regards se tournèrent vers elle. Trois regards froids. Trois regards pleins de haine.
Zaynab ne broncha pas. Elle lança un simple :
— Bonjour.
Un silence pesant suivit. Seuls Mourad et Bella Dior répondirent, chacun à leur façon. Mourad d’un léger hochement de tête. Bella, d’un petit sourire amusé.
Zaynab prit place à l’écart. Les hostilités silencieuses venaient de commencer.
Le petit déjeuner avait commencé dans un silence glacial. Les couverts tintaient à peine, et l’atmosphère semblait chargée d’électricité. Personne n’osait vraiment parler… jusqu’à ce que Jennah explose.
— Certaines filles ici sont de vraies hypocrites, lâcha-t-elle d’un ton acide. Elles jouent les désintéressées… mais dès qu’elles ont une occasion, elles dévoilent leur vrai visage.
Zaynab ne leva même pas les yeux. Elle continuait de manger, tranquille, parfaitement sereine. Mais elle savait. Elle savait très bien qu’il s’agissait d’elle.
Lina, posant brutalement sa fourchette, répliqua avec aigreur :
— Je suis d’accord. Cette c***n a bien su cacher son jeu.
Bella Dior les coupa immédiatement :
— Ça suffit, arrêtez.
Mais Jennah n’en démordait pas :
— Non, cette pouffiasse doit assumer ce qu’elle est vraiment !
Les trois prétendantes fixaient maintenant Zaynab. Elle, impassible, poursuivait son repas sans un mot, comme si elles n’existaient pas.
— On dirait qu’elle ne veut même pas parler, cracha Lina. La c***n a perdu sa langue ?
Un petit sourire effleura les lèvres de Zaynab. Elle continuait de découper son croissant avec calme. Mourad, lui, la fixait sans dire un mot, intrigué.
C’est alors que Khoudia, silencieuse jusqu’ici, osa :
— Arrête de faire semblant, Zaynab. Tu sais très bien qu’elles parlent de toi.
Zaynab leva enfin la tête vers elle, tranquillement.
— Tu viens de prononcer mon nom, non ? Alors que les autres fassent pareil au lieu de parler en codes.
Jennah tapa du poing sur la table :
— Très bien. Zaynab, la p**e.
Zaynab se tourna lentement vers elle.
— La seule p**e ici, c’est toi. T’as tout fait pour attirer l’attention d’un homme… qui s’en fout royalement de toi.
— Tu crois vraiment qu’il s’intéresse à toi aussi ? répliqua Jennah, les yeux lançant des éclairs.
— Je m’en fiche. Qu’il s’intéresse à moi ou pas, ça ne change rien.
Lina intervint aussitôt :
— Arrête ton cirque. S’il ne t’intéressait pas, vous n’auriez pas fini dans une chambre d’hôtel…
Bella Dior, excédée, coupa :
— Mourad et Zaynab ont dîné ici. Et Mourad avait une réunion tard le soir, elle est simplement restée dormir. Arrêtez de tout salir.
— Tu la défends trop, dit Jennah à Bella. C’est louche.
Lina enchaîna :
— Tu crois que tu vas être choisie en couchant avec lui ? Tu te fais des illusions.
Cette fois, Zaynab posa calmement sa fourchette.
— Il ne s’est rien passé entre nous. Et je n’ai pas besoin de coucher avec un homme pour qu’il me choisisse.
— Tu l’as fait pourtant, cracha Jennah.
— Je ne vais pas me justifier. Pensez ce que vous voulez, ça m’est égal.
La colère montait, mais Zaynab la maîtrisait. Elle s’y attendait. Ces filles étaient prévisibles. Elles jouaient les saintes mais elles étaient prêtes à tout.
Lina, avec un sourire mauvais, insista :
— Avoue au moins. Dès le début, on savait que tu cachais quelque chose. Mais aller jusqu’à ça ? C’est écoeurant.
Zaynab éclata de rire. Un rire froid.
— Et ça te fait rire ? demanda Khoudia, choquée.
— Oui, répondit Zaynab en se tournant vers Lina. Parce que ce qui est vraiment écoeurant, c’est que toi, Lina, tu balances tes petits produits minables dans une soupe pour excité Mourad. Tout ça pour espérer coucher avec lui.
Un silence s’abattit sur la pièce. Lina, figée, détourna les yeux, rouge de honte.
Zaynab balaya les trois du regard.
— Avant de parler de moi, commencez par revoir vos comportements. Vous êtes les premières à faire exactement ce que vous m’accusez d'avoir fait.
Le silence persista. Personne n’osait répondre. Seuls les battements du cœur de certaines trahissaient la tension.
Mourad, lui, ne disait toujours rien. Mais il n’avait rien raté.
Mourad prit enfin la parole, d’une voix calme mais ferme :
— Jusqu’à la fin de ce séjour, je ne veux plus entendre une seule discussion de ce genre. Est-ce clair ?
Zaynab releva brusquement la tête, le visage agacé.
— C’est maintenant que tu réagis ? Alors qu’elles me calomnient depuis tout à l’heure ?
Sans la regarder, Mourad rétorqua froidement :
— Tais-toi, Zaynab.
La tension devint presque palpable. Un silence pesant s’abattit sur la pièce. Personne n’osa ajouter un mot. Puis, reprenant son ton habituel, Mourad annonça :
— Dépêchez-vous. On a une journée de shopping.
Jennah, comme à son habitude, retrouva instantanément sa bonne humeur. Elle tapota sa chevelure lisse et déclara, moqueuse :
— Parfait. Je vais enfin pouvoir oublier ce cauchemar.
Elle jeta un regard venimeux vers Zaynab, qui ne détourna pas le sien. Le duel de regards ne passa pas inaperçu.
Après le petit-déjeuner, toute l’équipe partit à travers la ville pour une longue journée de shopping. Mourad avait privatisé plusieurs boutiques de luxe. Ils passèrent de vitrines en cabines, de sacs en essayages.
Ils firent une pause dans un restaurant raffiné pour déjeuner, avant de reprendre leur virée.
Khoudia resta discrète, n’achetant que quelques pièces modestes. Elle tenait à garder une image simple, ne voulant pas passer pour une dépensière devant Mourad.
Lina, quant à elle, se limita à des articles de moindre qualité, ce que Jennah ne manqua pas de lui faire remarquer avec un petit rictus sarcastique.
Jennah, elle, fit flamber les cartes. Robes, sacs, escarpins, elle prit tout ce qui brillait, riant à chaque passage en caisse.
A suivre