Chapitre 28

1466 Words
Il se leva du canapé d’un bond, attrapa Zaynab par le bras, et la fit sortir du bureau. Ils s’éloignèrent de la porte. Il bouillonnait. — C’est quoi ton p****n de problème, Zaynab ? Elle leva un sourcil, imperturbable. — Calme-toi. Il s’approcha encore. — Si tu refais ça… — Arrête de me menacer, coupa-t-elle, sa voix basse, ferme, mais calme. Ils se regardèrent. Longtemps. Mourad était hors de lui. Zaynab, elle, souriait presque. Ce jeu lui plaisait. Il reprit, d’un ton sec. — Qu’est-ce que tu veux ? Et c’est quoi cette tenue ? Elle haussa les épaules. — Je voulais que tu me prêtes une de tes voitures. Puis elle ajouta : — En fait… je veux la Ferrari. Je sors avec mes frères ce soir, en boîte. Il ne répondit pas. Il la fixait. Elle enchaîna, faussement hésitante. — Je n’arrive pas à choisir entre la Bugatti et la Ferrari, pour être honnête. Tu as tellement de voitures… Mourad possédait une impressionnante collection de voitures de luxe : une Range Rover, une Rolls-Royce Cullinan, une Lamborghini Urus, une Bentley Continental GT, une Ferrari SF90 Stradale, une Bugatti Chiron, une Aston Martin DBX 707 et une McLaren GT. Dans la famille, Mara Al Dhurani conduisait une Bentley Flying Spur, Saran un Porsche Cayenne Turbo GT, Soukayna une Maserati Levante Trofeo, et Bella Dior un Range Rover Velar SVAutobiography. Toujours pas un mot. Mourad était sidéré. — Tu n’iras nulle part, lâcha Mourad d’un ton sec. Zaynab le fixa avec défi. — Tu ne peux pas m’en empêcher, surtout après ce que je viens d’apprendre. Tu es bien allé dîner avec Khoudia, non ? Un silence tendu s’installa. Mourad, crispé, répondit froidement : — Tu ne sortiras pas tant que la cérémonie de demain n’aura pas eu lieu. — Je m’en fiche complètement de cette cérémonie. Et pour ton information, je ne veux même pas être choisie, rétorqua-t-elle. Il la fixa, ses mâchoires contractées, sans prononcer un mot. — Pourquoi tu ne choisis pas Khoudia, qu’on en finisse ? ajouta-t-elle avec une pointe d’agacement. Mourad s’approcha, les yeux brûlants. — Pourquoi je ne te choisirais pas toi, hein ? Ah oui… parce que je ne veux pas épouser une pu… Il s’interrompit net. Zaynab leva les yeux vers lui, blessée mais fière. — Tu comptes t’arrêter quand de me traiter comme ça ? Franchement, j’en ai rien à faire. Donne-moi juste la clé de la Ferrari. Mourad la regarda longuement, puis lança d’un ton glacial : — Je vais te la donner. Tu pourras t’asseoir dedans si tu veux. Mais tu ne sortiras pas. Il tourna les talons, prêt à retourner dans le bureau, mais la voix de Zaynab le coupa net : — Je vais appeler mes frères. Ils viendront me chercher. Mourad s’arrêta et se retourna lentement. — Tu ferais mieux d’aller te coucher, Zaynab… Même tes frères ne pourront pas te faire sortir d’ici. — Mes frères ne te laisseront pas faire, lança-t-elle. Ils se fixèrent, la tension entre eux palpable, prête à exploser. Puis Mourad lui tourne le dos, prêt à rejoindre son bureau, quand la voix de Zaynab résonna, cinglante. — Je te déteste, Mourad. Je veux rentrer chez moi. Et j’en ai rien à faire de ta cérémonie de m***e… parce que je ne t’aime pas ! Il s’arrêta net. Lentement, il se retourna vers elle, les yeux sombres. — Cette union t’arrangerait plus que les autres, Zaynab. Plus que tu ne veux l’admettre. — Tu crois ? fit-elle avec un rire méprisant. Des associés, il y en a partout. Et je peux très bien me rapprocher du PDG d’Helvetia Primate Holding ou de celui d’Al Rayhan Investiront Group. D’ailleurs, le Suissien me regardait bien tout à l’heure. Le regard de Mourad devint noir. Froid. Meurtrier. Sans un mot, il entra dans son bureau, jeta un regard rapide à ses associés. — Patientez, je reviens dans un instant. Il saisit la clé de la Ferrari. Quand il sortit, Zaynab était déjà en train de s’éloigner. — Viens la prendre, lança-t-il d’une voix grave. Elle se retourna, hésitante. Il avait la clé entre les doigts, mais son regard trahissait une colère contenue. Elle le savait, mais elle s’en fichait. Elle voulait sortir. Elle s’approcha, tendit la main pour la clé. Mais au lieu de la lui donner, Mourad la plaqua brutalement contre le mur. — Redis encore un truc comme ça, Zaynab, et je jure que je n’hésiterai pas à… — À quoi ? coupa-t-elle, le défi dans les yeux. Dis-moi ce que tu comptes faire. Un silence lourd s’installa. Puis soudain, il l’embrassa. Elle essaya de le repousser, ses paumes posées contre son torse, mais il était plus fort. Son cœur battait à tout rompre. Elle ne comprenait pas pourquoi, mais au bout d’un instant, elle l’embrassait aussi. C’était intense, brûlant, incontrôlé. Entre deux baisers, elle murmura faiblement : — Arrête… Mais Mourad ne répondit pas. Elle dit encore son prénom, plus doucement, mais continua de l’embrasser. Puis, alors qu’il soulevait légèrement l’un de ses pieds, une voix furieuse retentit : — Mourad ! Ils se séparèrent brusquement. C’était Mara. Debout, choquée, les yeux pleins de colère. — Qu’est-ce que tu fais ?! siffla-t-elle à l’adresse de son fils. Mourad se détacha de Zaynab sans répondre. Zaynab, elle, était agacée. Non pas par ce qu’ils venaient de faire, mais par le fait d’avoir été surprise par Mara. Cette dernière, elle, fulminait intérieurement. Pour elle, Zaynab avait fait exprès. Elle voulait la provoquer. Et Mara refusait de laisser son fils choisir une fille comme elle. Alors, comme toujours, Mara fit ce qu’elle savait faire de mieux : cacher la blessure derrière un masque glacé. Elle ne montrerait jamais à Zaynab combien elle était piquée. Mara, pour cacher le trouble qu’elle venait de ressentir, afficha un faux sourire moqueur et lança d’un ton cinglant : — Tu ne devrais pas faire ça, Mourad. Tu joues avec les filles. Ce n’est pas digne de toi. Mourad se retourna, interloqué. — Qu’est-ce que tu racontes encore, maman ? Zaynab, agacée, intervint : — Eh bien cette histoire ne m’intéresse pas. Donne-moi juste la clé, Mourad. — Tais-toi, toi ! trancha Mara, d’un ton sec. Puis, se tournant de nouveau vers son fils, elle ajouta : — Pourquoi tu les embrasses comme ça ? Une ici, une là… Tu crois que ça fait sérieux ? — Arrête de dire n’importe quoi, répliqua-t-il froidement. J’ai embrassé personne. Mais Mara était bien décidée à blesser. — Saran m’a dit que l’autre nuit, elle t’a surpris avec Khoudia dans ton bureau. Vous vous embrassiez. Et maintenant… je te vois avec cette fille. Elle lança un regard noir à Zaynab, clairement pour la provoquer. Mais Zaynab restait droite, impassible. Elle ne se laisserait pas atteindre. — Ce qui s’est passé avec Khoudia, c’était un malentendu, répliqua Mourad d’un ton las. Mara se tourna alors vers Zaynab. — Et toi, tu acceptes ça ? Tu acceptes qu’il profite de toi alors qu’il passe son temps avec une autre ? Mourad, excédé, sortit la clé de sa poche et la tendit à Zaynab. Il n’en pouvait plus de cette scène. Mais Mara, blessée dans son orgueil, lança une dernière pique : — Tu peux bien prendre cette clé. De toute façon, Mourad ne te choisira jamais. Il n’aime pas les femmes qui se dénudent comme toi. Zaynab la fixa, un sourire provocateur aux lèvres. Puis elle se tourna vers Mourad. — Ah bon ? Tu n’aimes pas ça ? dit-elle en désignant lentement sa tenue du jour, volontairement séduisante. Mourad resta silencieux, puis se retourna pour partir. Mais Zaynab attrapa sa main. — Pas avant ça. Et sans prévenir, elle déposa un b****r sur sa bouche, tout en lançant un regard triomphant à Mara. Cette dernière, furieuse, comprit que Zaynab n’avait fait ça que pour la provoquer. Sans dire un mot de plus, elle tourna les talons et s’éloigna à grands pas. Mourad resta là, figé, les yeux plantés sur Zaynab. Elle, fulminante, le fixa à son tour. — Tu me dégoûtes. Tu sautes de fille en fille comme si elles étaient interchangeables. Va donc épouser Khoudia, si tu aimes tant l’embrasser, elle. Et sur ces mots, elle s’en alla, furieuse. Zaynab monta dans la Ferrari, un soupir léger glissant de ses lèvres. Elle trouvait l’intérieur terriblement chic, raffiné. Le cuir beige, l’odeur du neuf, les détails luxueux… tout lui donnait l’impression d’être dans un film. Elle s’apprêtait à démarrer quand un agent de sécurité s’approcha. — Mademoiselle, vous ne pouvez pas sortir. Monsieur Al Fayed a ordonné que personne ne quitte la résidence. Zaynab le fixa, surprise. — Arrête de me raconter ta vie car c'est Mourad qui m’a donné la clé. Alors ouvrez cette fichue grille. A suivre
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