Le repas était tout simplement délicieux. Mara Fatima, la mère de Mourad, avait fait appel à des traiteurs pour l’occasion, et tout le monde avait apprécié. Les prétendantes étaient souriantes, visiblement à l’aise, même si la tension entre elles était subtilement palpable.
— Mais attendez, on ne sait même pas ce que vous faites dans la vie, lança Saran avec un sourire en coin.
— C’est vrai ça, les filles, dites-nous un peu, enchaîna Oulaya.
Comme d’habitude, les deux sœurs prenaient un malin plaisir à provoquer. Elles étaient souvent froides avec les gens qu’elles ne connaissaient pas, même si avec Dior, leur cadette, elles se montraient plus douces. Leur caractère aigre contrastait fortement avec celui de leur mère.
— Je suis influenceuse sur les réseaux sociaux, répondit Jennah avec assurance.
Dior dut baisser la tête pour ne pas éclater de rire en voyant les visages confus autour de la table. Manifestement, certains ne comprenaient pas ce que cela impliquait.
— Influenceuse, vraiment ? répéta Saran.
— Oui, ma belle.
— Et c’est un travail, ça ? demanda Oulaya d’un ton ironique.
— Je fais des placements de produits, je collabore avec des marques, et je crée du contenu... donc oui.
— Eh ben, Mourad a du pain sur la planche, souffla Saran, moqueuse.
Jennah fronça les sourcils, un peu déstabilisée.
— Et toi, tu fais quoi ? demanda Oulaya à Lina.
— Je suis naturopathe et entrepreneure dans le bien-être féminin. J’ai une boutique en ligne où je propose des rituels de soins, des bougies, des encens, des parfums et des huiles naturelles et des produits de séduction.
Saran et Oulaya éclatèrent de rire sans même chercher à se retenir.
— Les filles, un peu de retenue, intervint calmement leur mère.
L’ambiance à la table se tendit. Tous les regards s’étaient tournés vers les deux sœurs, visiblement gênés par leur attitude.
— Pardon mais... c’est juste surprenant, se justifia Oulaya.
— Heureusement que c’est Mourad qui choisit. Je pense que j’aurais fait une crise cardiaque si toi Lina t'était la seule prétendante, ajouta Saran.
Le comportement des deux sœurs choquait Dior. Même si elle les aimait, elle ne cautionnait pas cette méchanceté gratuite. Lina semblait bouleversée, les yeux brillants.
— Je suis désolée de ne pas venir d’un milieu aussi aisé que le vôtre, murmura-t-elle.
— Oh non, commence pas avec une scène dramatique, répliqua Saran sèchement.
— Ça suffit ! lança leur tante Salka. Vous êtes stupides toutes les deux ! Qu’est-ce qui vous prend ?
— Désolées… on voulait juste plaisanter, répondit Oulaya, un peu confuse.
— Eh bien votre blague n’a rien de drôle, répliqua Salka.
— Votre tante a raison, renchérit Mara. Ce n’était pas une plaisanterie acceptable. Vous êtes adultes, comportez-vous comme tel.
Un silence lourd s’installa. Le dîner se termina dans un calme tendu. Dior accompagna les prétendantes dans leurs chambres.
Le vol pour le Qatar était prévu à minuit. Elle était impatiente : une semaine entière à Doha avec son frère et les prétendantes, cela promettait d’être intense.
— Allez, bonne nuit les filles, dit-elle doucement.
— Merci, répondit Khoudia.
— Merci beaucoup Dior, et bonne nuit à toi aussi, ajouta Zaynab avec un sourire.
— Faites de beaux rêves, conclut-elle avant de rejoindre sa propre chambre.
Les filles étaient logées dans leur chambre. La maison disposait de quinze chambres, dont cinq étaient encore libres. Une fois allongée sur son lit, Dior ferma les yeux, le cœur léger, impatiente de découvrir la suite.
La journée avait été longue, pleine d’émotions, mais surtout très positive. Mourad avait enfin rencontré les prétendantes. Elles étaient toutes très belles, bien plus qu’il ne l’avait imaginé. Le voyage prévu pour le lendemain lui causait un mélange d’excitation et de tension.
Il allait passer une semaine entière avec ces quatre femmes, et à la fin, une seule serait choisie pour devenir son épouse. Il espérait ne pas se tromper, car de ce choix dépendrait non seulement son bonheur, mais aussi l’éducation de ses futurs enfants.
Après le dîner, il avait souhaité une bonne nuit à Khoudia, puis était monté dans sa chambre. Il avait pris une douche avant de s’allonger. C’est alors qu’on frappa à la porte. Il se leva, un peu surpris. C’était sa mère.
— Maman ? Tu ne dors pas encore ? demanda-t-il doucement.
— Non, je voulais te parler un peu, répondit-elle avec un sourire.
— Bien sûr, entre.
Ils s’installèrent sur le canapé de la chambre.
— Que se passe-t-il ? demanda-t-il en croisant les bras.
— Je suis tellement contente pour toi, confia-t-elle.
— Merci, maman.
— J’ai bien observé les filles ce soir.
— Ah oui ? Et alors ? Laquelle t’a le plus marquée ? demanda-t-il, curieux.
— Khoudia, sans hésiter. Si la tradition ne m’en empêchait pas, je l’aurais choisie moi-même.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Mourad. Il savait que sa mère était sincère.
— Tu as raison. Khoudia a toutes les qualités d’une bonne épouse. Elle est douce, respectueuse, timide et gentille. C’est plus que suffisant.
— Tu parles d’elle avec beaucoup d’amour, fit remarquer Mara.
— Tu exagères un peu, maman.
— Alors, c’est elle que tu vas choisir ? demanda-t-elle, les yeux brillants.
— Je dois encore apprendre à mieux connaître chacune d’elles. Et tu sais bien que la décision finale ne m’appartient pas entièrement. Les sages doivent aussi donner leur avis.
— C’est la tradition, oui… mais quand il s’agit de toi, personne ne conteste vraiment, affirma-t-elle en haussant légèrement les épaules.
— C’est tout ce que tu voulais me dire ?
— Non. Je voulais aussi te souhaiter un bon voyage. Tu vas tellement me manquer.
— Ce n’est qu’une semaine, maman…
— Une heure sans toi, c’est déjà trop, souffla-t-elle avec tendresse.
— Tu exagères. Je ne suis plus un bébé, dit-il en souriant.
— Tu resteras toujours mon bébé. Mon unique fils.
Il la serra dans ses bras. Le cœur de sa mère débordait d’amour.
— Allez, va dormir maintenant, dit-il doucement.
— Dors bien, mon fils.
— Bonne nuit maman. Je t’aime.
— Je t’aime aussi.
Il l’accompagna jusqu’à la porte de sa chambre avant de regagner la sienne, le cœur un peu plus léger.
Alors qu’il s’apprêtait à rejoindre sa chambre, Mourad croisa Jennah dans le couloir. Dès qu’elle l’aperçut, elle afficha un large sourire. Elle portait un pyjama très court, bien trop révélateur à son goût. Il n’appréciait pas cette manière qu’elle avait d’exposer son corps sans retenue.
— Tu ne dors pas encore ? demanda-t-elle d’une voix douce.
— Non. Et toi, que fais-tu ici ? répondit-il en fronçant légèrement les sourcils.
— Je suis simplement allée chercher un verre d’eau, dit-elle en lui montrant le verre qu’elle tenait à la main.
Il la regarda de haut en bas, puis ajouta d’un ton sec :
— Habillée comme ça ?
— Oui… il y a un souci ? demanda-t-elle, visiblement étonnée.
— Quelqu’un t’a vue dans cette tenue ?
— Le gardien, je crois.
— Et tu trouves ça normal ?
— Je ne vois pas où est le mal, répondit-elle en haussant légèrement les épaules.
Mourad la fixa un instant avant de répliquer calmement mais fermement :
— Si tu veux vraiment devenir ma femme, il va falloir que tu apprennes à préserver ton corps. Ce genre de tenue, c’est bon pour les filles de nuit, pas pour une femme digne de ce nom.
Sans attendre sa réponse, il tourna les talons et regagna sa chambre.
Jennah était belle, personne ne pouvait le nier, mais son comportement posait problème. Elle semblait aimer attirer les regards, chercher à plaire aux hommes. Ce n’était pas une qualité à aux yeux de Mourad. Une femme respectable n’a pas besoin d’en faire autant pour être aimée.
Il s’allongea dans son lit, pensif, conscient que la semaine à venir serait mouvementée.
•••
Le lendemain, Mourad fut réveillé par des bruits en provenance du rez-de-chaussée. Visiblement, les invités avaient déjà commencé à arriver. Il soupira doucement. Il avait hâte que toute cette histoire de mariage prenne fin pour enfin retrouver un peu de calme.
Il se leva, fit sa toilette, puis enfila une kandura immaculée. Il en possédait de plusieurs couleurs, mais le blanc restait sa préférée. Sobre, élégante, elle mettait toujours en valeur son allure.
En rejoignant les autres dans la salle à manger pour le petit-déjeuner, il remarqua que tout le monde avait déjà commencé. Les prétendantes, elles, étaient encore une fois toutes très jolies.
— Bonjour la famille, lança-t-il.
— Bonjour, répondirent-ils en chœur.
— Mon frère, c’est le plus frais et le plus beau, déclara Soukayna fièrement.
Mourad prit place.
— Ça, il n’y a aucun doute, ajouta Jennah avec un petit sourire charmeur.
A suivre...