Chapitre 32

1442 Words
La famille de Zaynab l'entoura avec fierté. Sa mère, Samira, la serra dans ses bras, les yeux brillants d’émotion. Son père, Tarek, posa une main sur son épaule et déclara simplement : — Tu nous as rendus fiers, ma fille. Sami, Iyad et même Maysa plus radieuse que jamais vinrent la féliciter. Cette dernière semblait plus émue que tous les autres, répétant sans cesse : — Tu le mérites, Zaynab. Vraiment. L’oncle de Mourad prit ensuite la parole pour annoncer que le mariage officiel aurait lieu dans quelques jours. La tension tomba, la soirée prit un tournant plus léger. Mais pour Zaynab, la soirée n’était pas terminée. Alors qu’elle montait dans sa chambre pour rassembler ses affaires car elle devait retourner auprès de sa famille jusqu’au mariage la porte s’ouvrit brusquement. C’était Mara. Le regard dur, les lèvres pincées. Elle referma la porte derrière elle. Zaynab, assise sur le bord du lit, la fixa calmement. — Qu’est-ce que vous voulez, Oum Mourad ou devrais je dire maman ? Mara, fulminante, lâcha d’un trait : — Tu l’as ensorcelé. Il n’y a pas d’autre explication. Mourad ne t’aurait jamais choisie autrement. Zaynab esquissa un sourire moqueur, sans répondre. Elle la laissa parler. Mara alla s’asseoir sur le canapé, son dos droit, la mâchoire crispée. — Je ne sais plus quoi faire… Tu vas épouser mon fils. Ce n’est pas ce que je voulais. Ce n’était pas le plan. Zaynab croisa les jambes avec élégance. — Et moi, vous pensez que je voulais ça ? Vous m’avez entendue vous dire que je ne voulais pas être choisie. Vous le saviez. Et pourtant… — Tu es hypocrite, coupa Mara sèchement. Tu n’arrêtais pas de répéter que tu ne voulais pas de lui. Et maintenant tu acceptes sans broncher. — Oui, j’ai dit que je ne voulais pas. Mais vous connaissez votre fils, Oum Mourad. Vous savez comment il est. Il obtient toujours ce qu’il veut. Et moi… je n’ai jamais eu le choix. Un silence s’installa. Mara baissa les yeux. — J’ai tout essayé, murmura-t-elle. Tout. Et il t’a quand même choisie. Il t’a voulu, toi. Zaynab la fixa, plus froide cette fois. — On a toutes les deux fauté. Vous saviez que je ne voulais pas, mais vous n’avez rien fait pour m’épargner. Si vous m’aviez soutenue… Si on s’était unies, peut-être que Khoudia aurait été choisie. Elle, elle vous convenait. Mara ferma les yeux. — Tu as raison, souffla-t-elle enfin. Si j’avais agi autrement… C’est elle qu’il aurait épousée. Zaynab se leva, attrapa son sac avec un sourire. — C’est trop tard maintenant. Vous allez devoir me supporter, maman. Et l’argent de Mourad ? On va le partager. Ensemble. Mara, sidérée, la fixa sans un mot. Zaynab ouvrit la porte de la chambre, calme, assurée. La matriarche ne dit rien. Elle se leva et quitta la pièce en silence. Le regard dur, le cœur lourd. Puis, lorsqu’elle rejoint sa famille, Bella Dior s’approcha d’elle, un sourire aux lèvres. Elle l’informa qu’une surprise attendait Zaynab dehors. Intriguée, celle-ci suivit le mouvement. Toute la famille se retrouva devant la maison, et là, garée dans l’allée, brillait une somptueuse Bentley ivoire. Elle faisait partie de la dot, offerte après la nuit nuptiale. Malgré elle, Zaynab sourit. Un éclat discret, mais sincère. Après les félicitations et les embrassades, la famille de Zaynab se prépara à repartir. Il ne restait plus qu’elle… et Maysa, sa belle-sœur, qui grimpa dans la voiture, tout sourire. — Je rentre avec toi, déclara Maysa. — Attends-moi deux minutes, répondit Zaynab. Elle fit demi-tour et rentra à l’intérieur. Elle demanda à Bella Dior où se trouvait Mourad. — Dans sa chambre, répondit-elle calmement. Zaynab prit une légère inspiration et se dirigea vers la chambre. Elle entra sans frapper. Mourad était allongé, vêtu d’un simple jogging gris et d’un t-shirt. Il se redressa dès qu’il la vit. Son regard sur elle était intense, sûr de lui. Zaynab s’approcha du lit, visiblement gênée par la manière dont il la fixait. — Pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda-t-elle, sur la défensive. — Parce que tu es ma femme, murmura-t-il. Je te regarde comme je veux. Elle leva les yeux au ciel, visiblement agacée, puis reprit, sur un ton plus doux : — Merci pour la Bentley. Mourad se leva alors. Elle paniqua légèrement. — Je vais y aller, dit-elle en se retournant. Mais il attrapa sa main. Elle tenta de se dégager, il la fit doucement pivoter vers lui, et ils se retrouvèrent tout proches, collés l’un à l’autre. — Lâche-moi, je dois rentrer, murmura-t-elle. Il ne répondit pas. Il l’embrassa, tout en la guidant lentement vers le lit. Coincée entre lui et le matelas, elle finit par tomber doucement sur le lit. Il se plaça au-dessus d’elle, continuant à l’embrasser. Ses mains glissèrent sur ses cuisses, effleurant sa peau avec lenteur. Zaynab finit par le repousser. — On est mariés, Zaynab, murmura-t-il. Elle leva sa main sous ses yeux. — Je ne vois pas de bague à ce doigt, donc pour moi, on ne l’est pas. — Le mariage civil sera célébré dans quelques jours. Mais selon la tradition, tu m’appartiens déjà. Elle posa ses mains sur son torse et le repoussa doucement. Il se redressa, et elle se leva à son tour. — Eh bien moi, je me fiche de ta tradition. Tant que je n’ai pas ma bague au doigt, ne me touche pas. Mourad esquissa un sourire silencieux. Sans ajouter un mot de plus, elle quitta la chambre et rejoignit Maysa dans la cour. Elles montèrent ensemble dans la Bentley flambant neuve. Zaynab était heureuse. Profondément. Elle allait enfin retrouver sa maison. Son lit. Son univers. Une fois arrivée chez elle, Zaynab posta une photo de sa Bentley sur son compte Snapchat, ce qui provoqua un véritable raz-de-marée de réactions. Certains affirmaient qu’il était désormais évident qu’elle était l’élue. D’autres la critiquaient, insinuant qu’elle voulait faire croire que la voiture lui avait été offerte dans le cadre de la dot, alors qu’il ne s’agirait que d’un cadeau de l’un de ses frères. Zaynab se contentait de répondre par des émojis souriants, s’amusant avec les rumeurs. Les jours passèrent. La famille de Zaynab reçut officiellement la dot. Les cinq millions de dirhams furent directement versés à ses parents. Mais Zaynab appela Mourad pour lui faire part de sa décision : cet argent resterait à sa famille. Quant aux dépenses liées au mariage, il devait tout prendre en charge. Mourad accepta sans la moindre objection. Il envoya Bella Dior lui remettre une carte bancaire sans plafond, permettant de dépenser plusieurs centaines de milliers d’euros. Lorsqu’elle en parla à sa belle-sœur Maysa, celle-ci lui rappela à quel point elle était chanceuse. Elle l’encouragea à se montrer douce et stratégique avec Mourad, car elle pouvait devenir l’une des femmes les plus puissantes du pays. Maysa tenait à ce que Zaynab s’élève au même rang que son mari : cela profiterait à toute la famille. Les préparatifs du mariage commencèrent officiellement. Zaynab, entourée de Maysa, de Camélia (la fiancée de son frère Iyad), d’une amie proche nommée Naïla ainsi que de Bella Dior, organisa tout dans les moindres détails. Elle choisissait exclusivement du luxe, sans jamais compter. Grâce à la carte de Mourad, elle finançait également les tenues et les services pour ses accompagnatrices. Ce fut elle qui désigna les quatre jeunes femmes comme ses demoiselles d’honneur. •• Le grand jour arriva. Dès le matin, dans la majestueuse demeure des Al Fayed, l’effervescence régnait. Mourad se préparait calmement dans sa suite, assisté de l’un de ses cousins proches, bien que plusieurs autres fussent également présents dans la maison. Ses sœurs, à l’exception de Bella Dior qui n’avait jamais approuvé son choix d’épouse, affichaient une joie sincère. Même Mara, malgré son aversion profonde pour Zaynab, se montrait heureuse pour son fils. Dans un élan inattendu, Mara insista personnellement pour que Khoudia Nour assiste à la cérémonie. Elle tenait à sa présence, peut-être par regret, peut-être par stratégie. Touchée et encore attachée à Mourad malgré tout, Khoudia accepta l’invitation. De son côté, Zaynab se préparait paisiblement dans la villa familiale, entourée de ses demoiselles d'honneur. Son calme contrastait avec l'agitation habituelle d’un jour de noces. Elle était sereine, concentrée. Dans sa tête, tout était clair : épouser Mourad Yacine Al Fayed représentait une opportunité inestimable. Zaynab aimait le luxe, les privilèges, et tout ce que l’argent pouvait offrir. À ses yeux, il était logique que son mari soit un homme extrêmement riche, capable de céder à tous ses caprices sans broncher. Mourad cochait toutes les cases. Elle ne ressentait donc ni appréhension ni colère A suivre
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD