IX

332 Words
IXUn certain temps s’était écoulé. Un homme se tenait devant lui. Un chien jappait à ses côtés, tel Molosse. Mais rien de particulièrement dangereux. La main tendue ne l’était que pour l’aider à se relever. — Que vous est-il arrivé, mon jeune ami ? J’ai entendu des coups de feu. — Ce n’était pas pour moi, mais je l’avoue, j’ai eu très peur. Luc ne voulait pas s’étendre, surtout devant un inconnu, fut-il son sauveur. — Un chasseur sans doute… un braconnier plutôt… ils ne respectent rien, ces gars-là. Ou quelqu’un qui s’exerce au tir… Luc Dalban se releva péniblement, essuya machinalement son pantalon où étaient collées quelques feuilles ; sa veste de laine avait été déchirée par les ronces. — Vous vous êtes mis dans un sale état… — J’ai glissé. Puis Henri Lemaître lui raconta une partie de sa vie, la guerre d’Algérie, sa petite femme chérie qui l’avait attendu, ses enfants envolés du nid mais dont il avait des nouvelles régulièrement. Et la retraite aux beaux jours… Il était maçon cimentier – c’est comme ça qu’on nous appelait avant – un dur métier mais qui apportait de l’argent au foyer. Luc Dalban réussit à couper court, prétextant une bonne douche à prendre, le remercia chaleureusement et s’en fut raconter son histoire au commandant Rosko. Il eut la chance d’être reçu rapidement par le policier ; en général… on fait attendre. Comme si le flic avait pris le jeune homme sous son aile, le fils qu’il n’avait pas. — Voilà qui est très étrange, à peine ai-je découvert ma mère morte qu’on veut me tuer à mon tour. — Votre sauveur a peut-être raison, un chasseur ou quelqu’un qui essaie une arme illicite. Ne vous inquiétez pas, nous allons tirer cela au clair. Rosko avait essayé d’être persuasif, mais en fait, il ne savait pas ce que voulait dire cette évidente agression. Il dépêcha immédiatement les hommes de la police scientifique sur les lieux, peut-être trouveraient-ils des indices permettant d’émettre une hypothèse… Luc Dalban ressortit de « L’évêché », sinon tranquillisé du moins assuré qu’on tiendrait compte de son témoignage. Il devait voir urgemment Mathilda pour lui expliquer ce dernier rebondissement. Le sixième sens aiguisé des femmes pouvait lui fournir d’utiles indications concernant celui qui avait voulu – il en était persuadé – l’assassiner à son tour.
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