Chapitre Trois [2/4]

969 Words
Pendant deux longues semaines encore, Évelyne prit soin du dragon en prenant aussi garde à le garder endormi. Par chance sa petite concoction faisait effet et il n'avait toujours pas repris connaissance depuis cette fameuse nuit-là. Son état s'améliorait et l'héritière pouvait maintenant dire qu'il était tiré d'affaire ! Sa plaie était totalement cicatrisée et il n'y avait plus de trace d'infection et sa température était revenue à la normale ! Enfin c'est la conclusion à laquelle elle était parvenue quand il était arrivait a 44 degrés et n'en avait plus bougé ! - Miss, votre thé va refroidir ! - Oh je te prie de m'excuser Vani, j'étais absorbé dans mes pensées La fée n'en dit rien de plus et reprit son tricot là où elle l'avait laissé. Elle avait tenu promesse et depuis tout ce temps elle dormait à présent avec sa maitresse, s'assurant qu'elle ne courait aucun danger. - Tu devrais aller te coucher Vani, j'en ai encore malheureusement pour une bonne heure devant moi. - Je ne vous laisse pas seule avec la bête ! s'insurgea-t-elle, comme à chaque fois que l'on pouvait y faire allusion - Laisse la porte ouverte alors Faisant jouer le reflet du feu de cheminée sur ses cheveux arc-en-ciel, la fée redressa la tête, semblant réfléchir a l'éventualité. De sa place dans le lit, elle apercevait le bureau ! Elle finit donc par céder, adressant un geste poli vers la demoiselle sans l'interrompre dans son labeur et se coucha. Une heure plus tard, lorsque sa maitresse eut enfin fini le dossier du jour, elle dormait à poing fermé... Évelyne s'étira sur sa chaise, contente d'en avoir enfin fini. Elle se massa ensuite son avant-bras, ses gestes brusques ayant réveillé une douleur endormie. Comme toutes les brulures, les soins et la guérison étaient longs et douloureux. Elle avait eu de la chance, n'atteignant qu'un bon début de deuxièmes degrés. Elle se trouvait réellement chanceuse, car, dans le peu d'ouvrage qu'elle possédait qui relatait des facultés diaconique, la puissance de leur feu mis en évidence par divers exemples totalement ahurissants. Évidemment il était très difficile d'avoir un réel recul sur ce fait, car ils étaient si rares, que peu de personnes pouvaient à ce jour témoigner. Évelyne en était à son deuxième et, vu des conditions de vie du dragon de Marius, elle ne s'en sentait pas du tout honorée... Elle se leva soudainement, voulant chasser ses pensées trop sombre et s'installa au chevet de son patient en rémission et releva sa manche, il était temps de changer son bandage. Elle soupira, fatiguée, et se stoppa lorsqu'elle remarqua deux yeux étrangement onyx la fixer. - Oh bonsoir ! Ne t'énerve pas surtout ! murmura-t-elle doucement, montrant d'un signe de tête la porte ouverte de la chambre. Il acquiesça doucement, l'air vaseux. La potion devait sans doute toujours faire effet et c'était tant mieux. - Je me présente, je suis Évelyne Sirinava, je ne suis pas certaine que tu puisses en avoir souvenir, soit, je suis ta médecin, tu étais gravement blessé alors nous t'avons soigné. Les sourcils du dragon se froncèrent et il gigota doucement. - Je suis sincèrement désolée pour la muselière, cette idée ne me plait absolument pas, si tu me promets de ne plus t'énerver ou d'utiliser tes flammes, je te l'enlève. Mais parle doucement, Vani dort. Le dragon soupira, combattant le sommeil qui semblait vouloir l'attirer dans ses méandres bénéfiques. Il acquiesça cependant et elle ne réfléchit pas plus, lui ôtant réellement l'horrible bâillon de la bouche. Rien qu'en le faisant, l'image très claire de la petite fée ainsi que celle de son père se joua dans son esprit... Ces deux la grondant fortement chacun à leur manière ! Pourtant elle ne pouvait pas traiter un être vivant ainsi ! L'idée même de pouvoir se comparer à Marius la dégoutait ! Ce n'était sans doute pas une raison très louable, mais c'était pourtant sa principale motivation. En cas de problème, elle invoquerait des idées communes avec sa mère histoire d'attendrir son père ! Le dragon par contre avait du mal à croire en la naïveté de cette femme. Un simple hochement de tête et elle lui faisait confiance ? Seigneur que c'était stupide... Il la regarda alors retirer une b***e de son bras et vit alors la brulure dessous sans l'ombre d'un remords. Oh ! Il se souvenait bien sûr de sa culpabilité, mais après tout à cette petite imprudente qui s'était permis de l'enchainer de bien des manières n'était-ce pas le juste retour de bâton ? - Je ne serais jamais ton esclave ! murmura-t-il doucement - Je ne m'attends absolument pas à ce que tu le sois, rassure-toi. J'ai bien l'intention de t'aider au contraire ! L'homme eut un ricanement amusé. Celle-là était particulièrement bonne ! Avait-elle sincèrement l'intention de lui faire croire une chose pareille ? Bien sûr il ne percevait aucune trace de mensonge en cet instant chez elle, mais les humains étaient perfides ! C'était l'une des seules races à pouvoir mentir sans que ses sens aiguisés ne le mettent en garde. - Où est Christila ? demanda-t-il à brule-pourpoint La demoiselle se tourna de nouveau vers lui, le regard inquiet. Elle eut une expression peinée, mais le dragon n'était pas dupe. Les humains étaient tous pareils et aucun ne méritait clémence ou confiance ! - Il s'agit de ta soeur ? Je suis sincèrement désolée, je n'en ai aucune idée. - Je dois la retrouver, j'ai juré de la protéger... Évelyne s'aperçut alors qu'il avait fini par perdre la bataille contre le sommeil et elle termina son bandage avant de le recouvrir doucement. Sans prendre la peine de lui remettre le bâillon, elle rejoignit elle aussi son lit sans penser un instant qu'il puisse redevenir dangereux. Après tout il avait promis ! 
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD